Les analystes jugent ambitieux le plan de réduction de coûts de Holcim
Après un premier trimestre difficile pour les cimentiers européens, avec un hiver rigoureux sur le Vieux Continent et une hausse des coûts de l’énergie, Holcim vient d’annoncer un vaste plan de réductions de coûts. Le cimentier suisse compte ainsi accroître d’au moins 1,5 milliard de francs suisses (1,25 milliard d’euros) son résultat opérationnel d’ici la fin 2014, par rapport aux 2,3 milliards de 2011, soit une hausse de 65% en trois ans à 3,8 milliards. Le consensus Bloomberg n’est pour le moment qu’à 3,3 milliards.
«Je suis confiant dans l’obtention de nos objectifs, explique Bernard Fontana, arrivé directeur à la tête de Holcim en février dernier. Au moins 150 millions seront atteints en 2012». Le groupe prévoit même jusqu’ à 300 millions dès cette année, et compte atteindre 550 à 700 millions fin 2013.
«Bien que nous soyons sceptiques quant à la capacité du groupe à atteindre une cible si ambitieuse, un succès partiel impliquerait déjà une amélioration significative», explique Raymond James. «Un programme ambitieux, mais l’incertitude demeure sur la part d’économies qui resteront permanentes», note pour sa part JPMorgan Cazenove.
Pour la mise en œuvre de ce programme, qui entraînera 200 millions de francs de charges de restructuration (80 millions en 2012 et 120 millions en 2013), Holcim mise sur plusieurs axes de progrès. L’amélioration de la relation clientèle, avec mise en place d’indicateurs de performance dans la vente et le marketing, et l’innovation (nouveaux matériaux, solutions avec peu de CO2,…) permettront de dégager 500 millions de francs suisses de résultat opérationnel additionnel, soit un tiers du programme.
Une meilleure efficacité énergétique et l’utilisation de carburants alternatifs dégageront plus de 300 millions de francs supplémentaires; la réduction des coûts logistiques (transport des matières premières et des produits aux clients) plus de 250 millions; la rationalisation du processus d’approvisionnement (notamment avec la diversification de fournisseurs dans le monde, y compris en Chine) plus de 250 millions; et une augmentation des économies de coûts fixes, plus de 200 millions. Sans compter l’amélioration du besoin en fonds de roulement (BFR) et d’éventuels désinvestissements sélectifs, prévient le cimentier.
Quant aux futurs projets, le coût d’investissement par tonne de ciment sera réduit de 20%, grâce à un meilleur équipement et à une base fournisseurs élargie.
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