Les AG du SBF 120 perdent leurs spécificités françaises
Les assemblées générales 2016 du SBF 120 ouvrent une nouvelle ère. «Les caractéristiques anglo-saxonnes du capitalisme français se sont renforcées et se sont traduites concrètement par une gouvernance dissociée, constate Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG. Le PDG est désormais minoritaire tant dans le CAC 40 que dans le Next 80».
En dépit de la crise soulevée par le vote négatif sur la rémunération de Carlos Ghosn chez Renault, le say on pay progresse de 2 points dans le SBF 120 à 89%. «Les sociétés écoutent davantage les actionnaires et font preuve de plus de transparence», relève L’Hebdo des AG. Un effort qui paye puisque 82% des votes sur la rémunération sont supérieurs à 80%, contre 75% l’an dernier.
Sur le seul CAC 40, le taux d’approbation moyen passe de 85,8% à 89,3%, mais «un tiers des sociétés ont vu leur score reculer», précise Capitalcom. Face aux exigences des proxys et des investisseurs, désormais trois sociétés sur cinq présentent le taux d’atteinte des critères de performance de la rémunération des dirigeants. Et même cinq sociétés ont présenté leur politique de rémunération pour l’exercice à venir.
Standardisation
Toutefois, l’écart se creuse entre l’approbation du say on pay (+3,5 points) et celui des actions de performance (+3,2 points à 87,3%) et des conventions réglementées sur les rémunérations (+1,2 point à 84,7%), note Capitalcom. L’agence relève aussi l’effet de la loi Macron sur les actions gratuites, avec le doublement du nombre de résolutions sur les attributions d’actions de performance (27 contre 13 en 2015).
Autre mimétisme anglo-saxon, «les assemblées générales se standardisent, avec des contenus comparables, relève Bénédicte Hautefort. Surtout, elles perdent leur spécificité française, avec la disparition progressive du discours du président, autrefois le point d’orgue de l’événement. Seuls 15 patrons du CAC 40 et 18 du Next 80 en ont usé pour présenter leur stratégie». Les assemblées raccourcissent de 10 minutes et ne durent plus de 2h26 en moyenne, contre environ 1h30 chez les Anglo-saxons. Toutefois, le temps des débats diminue de 13 minutes au profit d’exposés obligatoires (finances, RSE,…). Les entreprises ont choisi cette année de mettre en avant trois thématiques : leur gouvernance, notamment à travers les travaux des comités ; le digital, qui a fait l’objet d’une présentation dans la moitié des sociétés ; et les relais de croissance à l’international.
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