Les actionnaires ne se focalisent plus sur le financement des entreprises
L’heure n’est plus à l’opposition dans les assemblées générales. 92% des résolutions ont été adoptées avec une majorité de plus de 80% au sein du SBF 120, confirmant ainsi la tendance de l’an dernier, constate l’Hebdo des AG. Seules 15 résolutions (1% de l’ensemble) ont été rejetées.
En ces temps de crise, les dirigeants changent leur discours. Plus d’un sur cinq a centré sa communication sur le client – notamment Michelin, Veolia et Société Générale – alors que l’accent était mis sur la transformation stratégique en 2012-2013 et sur le financement en 2009-2011, relève l’Hebdo des AG. D’ailleurs, le financement n’est plus un point sensible, les autorisations d’opérations dilutives sont moins nombreuses et ont été adoptées à 90%. En revanche, bien que cela ne soit plus obligatoire depuis 2005, les émissions obligataires pourraient être proposées de nouveau au vote des actionnaires. Ce qu’a déjà fait Pernod Ricard lors de son AG de novembre dernier.
Les actionnaires se sont davantage focalisés sur les risques, face à l’envolée des provisions passées dans le CAC 40 (15 milliards d’euros, contre 9 milliards un an plus tôt). Les questions sur ce thème se sont multipliées, aussi nombreuses que celles sur les rémunérations, qui ne sont plus vraiment un sujet. En effet, le «say on pay», nouveauté de l’année, a été plébiscité, avec un taux d’approbation de 92% dans le CAC 40 et de 90% dans le Next 80. Toutefois, les actionnaires ont été plus sévères sur les parachutes (76%), les retraites-chapeaux (79%) et l’attribution d’actions gratuites (84%) au sein du CAC 40.
Parallèlement, la gouvernance s’internationalise, avec désormais 6 sociétés européennes (SE) dans le SBF 120, 25% d’administrateurs étrangers dans le CAC 40 et 15% dans le Next 80. La moitié des nouveaux administrateurs du SBF 120 sont étrangers. En revanche, la mixité marque un pas, avec un taux de féminisation qui se maintient à 26% dans le CAC 40 et à 22% dans le Next 80, encore très loin de l’objectif de 40% en 2017.
Dans son premier rapport publié à l’automne, le Haut comité de gouvernance mis en place par l’Afep-Medef pourrait sévir. Son président, Denis Ranque, a déjà précisé aux Echos qu’il pense «écrire à une entreprise sur deux du SBF 120» en raison de déviations «significatives» entre le document de référence et le code Afep-Medef. «Nous pensons qu’il y a une marge de progrès significative», ajoute-t-il.
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