Les actionnaires frondeurs de Seb ne devraient pas faire basculer l’AG de mardi
La tension monte entre les actionnaires familiaux de Seb, divisés depuis 2005 entre deux holdings: Fédéractive (23,7% du capital et 30,7% des droits de vote) et Venelle Investissement (20% du capital et 26,7% des droits de vote en AGE). Fédéractive s’oppose à la rémunération du PDG de Seb, Thierry de La Tour d’Artaize. «Ce sujet n’est pas le seul point de divergence. [Les actionnaires familiaux] avaient créé ces deux holdings pour regrouper deux courants de pensée: les membres de Fédéractive étaient prêts à ouvrir le capital à d’autres investisseurs alors que les membres de Venelle Investissement étaient opposés à tout actionnaire non familial», rappelle Aurel.
Dans Les Echos, Philippe Girardot, président de Fédéractive, demande «plus d’équité en matière de rémunération» et juge «très élevée» la rémunération globale 2010 du PDG, qu’il estime à 4,1 millions d’euros.
Un chiffre contesté par le groupe de petit équipement ménager. Selon le rapport annuel, la rémunération de Thierry de La Tour d’Artaize se monte à 2,1 millions d’euros, dont 0,8 million de rémunération fixe (un montant inchangé depuis 2007) et 1,2 million de part variable «qui reflète la performance exceptionnelle du groupe en 2010 et le large dépassement des objectifs économiques (chiffre d’affaires et marge opérationnelle) qui avaient été fixés par le conseil d’administration», explique Seb. La part variable peut représenter de 0 à 175% de la rémunération de base du PDG (156% en 2010). Un calcul approuvé par Philippe Girardot lui-même en tant que membre du comité des nominations et rémunérations depuis fin 2005 et président jusqu’en décembre 2009.
En outre, le patron de Seb s’est vu attribuer l’an dernier 59.942 options d’achat d’actions exerçables à 53,86 euros (contre un cours actuel de 74,34 euros) entre juin 2014 et juin 2018, et 4.995 actions de performance, valorisées globalement à 0,9 million d’euros.
Fédéractive devrait donc voter contre les résolutions 11 et 12 sur l’attribution de stock-options et d’actions gratuites lors de l’AG du 17 mai prochain. Comme elles relèvent de l’AG Extraordinaire, Fédéractive doit rassembler au moins deux tiers des votes. Mission qui semble impossible, puisque sur la base du quorum de l’an dernier (79,6% en AGE), Venelle représenterait un peu plus du tiers des votes. Et pour faire échouer le vote des conventions réglementées (AGO), Fédéractive devra convaincre plus de 11% des actionnaires.
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