Les actionnaires familiaux vont renforcer leur emprise sur le groupe Boiron

Le concert familial préemptera 6% du capital sur la part de 15,5% cédée par Pierre Fabre. Les 9,5% restants seront acquis puis annulés par Boiron
Yves-Marc Le Reour

La décision prise par le groupe pharmaceutique Pierre Fabre de vendre la part de 15,5% qu’il détenait depuis 2005 dans Boiron va permettre à l’actionnariat familial d’accroître son contrôle sur le groupe d’homéopathie. Acquise par Pierre Fabre au moment de la fusion entre Dolisos et Boiron, cette participation contenait une clause de «lock-up» devenue caduque en juin 2011, augmentant ainsi la probabilité d’un retour de papier.

Le concert familial Boiron, qui possède déjà 50,4% du capital, a choisi d’exercer en partie son droit de préemption sur ces titres. Certains membres du concert rachèteront avant la fin de l’année près de 1,3 million d’actions, soit 6% du capital, au prix unitaire de 25 euros «sous réserve que le cours de l’action Boiron soit au moins égal à ce montant le jour de la cession». Ils débourseront en conséquence 32,2 millions d’euros.

Le reste des titres cédés, soit 9,5% du capital, sera acquis «dans les mêmes conditions de prix» par la société sous la forme d’un achat de bloc. Cette opération, qui a reçu l’aval du conseil d’administration de Boiron dans le cadre du programme de rachat d’actions en vigueur, sera effectuée avec l’intention d’annuler les titres rachetés. L’initiative devrait coûter au groupe d’homéopathie «près de 51 millions d’euros, à comparer à une trésorerie nette de 98,7 millions à fin septembre et à des investissements annuels proches de 40 millions», relève le bureau d’analyse d’Oddo MidCap.

Comme le concert familial a déjà la majorité des droits de vote (58,9%), l’AMF a accordé mardi à Sodeva, membre de ce concert avec 31,3% du capital, «une dérogation à l’obligation de déposer une OPA du fait de seuils résultat des acquisitions et annulations à venir», précise Boiron.

Au total, «la participation de la famille Boiron devrait être portée à 62%», ont calculé les analystes de la Société Générale, en estimant que cette opération optimisera le bilan du groupe et qu’elle aura un effet relutif d’environ 8% sur son bénéfice par action à partir de 2013.

En revanche, «le flottant ne s’en trouvera pas élargi, ce qui sera plutôt perçu comme regrettable», avance Oddo MidCap. Cela n’a pas empêché l’action de gagner 4,8% hier à 26,4 euros, ce qui confère au groupe une capitalisation boursière proche de 568 millions.

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