Les actionnaires d’Endemol tentent d’en garder le contrôle opérationnel
Endemol est engagé dans une restructuration de dette au long cours. Le producteur néerlandais de programmes de télévision, racheté en 2007, a probablement cassé au 30 juin les ratios de dette (covenants) qu’il est tenu contractuellement de respecter vis-à-vis de créanciers. Mais ses actionnaires – le groupe italien Mediaset, la holding Cyrte du fondateur John de Mol, et Goldman Sachs Capital Partners – espèrent en garder le contrôle.
La société a été rachetée en 2007, juste avant l’éclatement de la bulle du LBO, moyennant 3,4 milliards d’euros dont 60% financés par dette. Le producteur de téléréalité s’est engagé à respecter un endettement d’au maximum 10,8 fois l’excédent brut d’exploitation. Ce qui reste très élevé pour une opération de rachat par effet de levier.
A fin 2010, ce ratio s’établissait à 5,6 fois, mais avec un Ebitda attendu en chute libre, autour de 150 millions d’euros cette année, la limite sera largement dépassée. Dans les comptes annuels signés en juillet 2011, le commissaire aux comptes Deloitte indiquait que les calculs de la clause contractuelle étaient toujours en cours, selon le Financial Times. L’emprunteur a jusqu’à fin septembre pour dire à ses créanciers s’il respecte ses covenants au 30 juin.
La valeur de l’entreprise serait tombée en-dessous de 1,2 milliard d’euros, indiquait Bloomberg début juillet, ce qui signifie un taux de perte de 100% pour les actionnaires et les porteurs de dette mezzanine. La dette senior, elle, se traite à la moitié de sa valeur nominale.
Les créanciers devraient donc convertir en actions les quelque 2 milliards d’euros de dette qu’ils détiennent. Menés par Barclays Capital, ils comptent aussi des fonds spécialisés dans la dette décotée comme Apollo et Centrebridge. L’opération leur donnerait en toute logique le contrôle capitalistique du producteur de Big Brother. Mais selon des sources proches des discussions citées par le FT, les trois actionnaires actuels, dilués sous les 50%, pourraient garder le contrôle des organes de gouvernance de la société, une issue inhabituelle.
Endemol, qui s’est séparé en juin de son directeur général Ynon Kreiz, se borne à indiquer que les discussions avec ses créanciers continuent. Elles pourraient aboutir cet automne.
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