Les actionnaires antinucléaires de RWE réclament un changement de stratégie
Tous contre Jürgen Grossmann. Tel a été le résumé des observateurs de l’assemblée générale du numéro deux allemand de l’électricité, RWE, qui s’est tenue hier à Essen dans la Ruhr. Patron du groupe énergétique et principal porte-voix du lobby nucléaire allemand, Jürgen Grossmann se voit confronté à un nombre grandissant d’opposants, tant parmi les actionnaires qu’au sein même du conseil de surveillance.
Selon le site internet du magazine Der Spiegel certains membres du conseil de RWE, issus des communes dirigées par les Verts et les Sociaux-Démocrates du SPD, se seraient ouvertement opposés à sa stratégie, à la veille de l’assemblée générale. Ils réclament le retrait de la plainte de RWE contre le moratoire nucléaire décidé par Berlin après la catastrophe de la centrale de Fukushima. Plus fondamentalement les communes allemandes auraient demandé au dirigeant de miser davantage sur les énergies renouvelables au dépens du nucléaire. Cette opposition que RWE n’a pas voulu commenter, ni démentir, est d’autant plus importante que les communes détiennent un quart du capital de RWE et quatre sièges au conseil.
La colère des antinucléaires a été également vive lors de l’assemblée générale. Mais le patron ne s’est guère plié à leur fronde. Au contraire, il a une nouvelle fois défendu la nécessité de poursuivre sa stratégie nucléaire. «Le nucléaire est une nécessité économique et son arrêt précipité serait une décision irresponsable qui coûterait à l’économie allemande au moins 100 milliards d’euros de dépenses supplémentaires par an» a-t-il averti. «Si les autorités politiques nous obligent à fermer définitivement nos centrales nucléaires, RWE ne s’y opposera pas, mais je rappelle que cette démarche sera onéreuse pour tous», a souligné le patron.
Parallèlement Jürgen Grossmann a estimé que la plainte contre le moratoire est «sans alternative» parce que la décision du gouvernement est «sans fondement juridique». RWE est dans une position difficile car sans les centrales nucléaires le groupe sera dans l’impossibilité de remplir les nouvelles normes sur le CO2 dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2013. Or, 60% de l’électricité produite par RWE provient du charbon, faisant du groupe le premier producteur du gaz à effet de serre en Europe. Selon les analystes, l’arrêt du nucléaire amputerait le bénéfice avant impôt de RWE de 1,3 milliard d’euros à compter de 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran