L'érosion des résultats de Maroc Telecom milite pour une vente prochaine par Vivendi
Les derniers résultats de Maroc Telecom devraient nourrir la réflexion de la direction de Vivendi sur une possible cession des 53% détenus au capital du premier opérateur de télécoms marocain. Pour le seul troisième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe a plié de 6,9%, bien plus fortement que la baisse de 1% du premier semestre. Conséquence, l’excédent brut d’exploitation a chuté de 8,5%. Après neuf mois d’activité, la marge d’exploitation de Maroc Telecom est tombée à 39,5%, 140 points de base de moins qu’un an auparavant. Et elle devrait encore s’éroder au dernier trimestre pour amener le taux annuel autour de 38%.
La vente du bloc de 53% «permettrait à Vivendi de se désendetter et de sortir d’un marché qui, même si le taux de pénétration y est encore faible, continuera de subir dans les 12 à 24 mois qui viennent une baisse des prix consécutive à l’entrée d’un nouvel opérateur à bas coût, Inwi», expliquaient récemment les analystes de Cheuvreux. Moins rentable que par le passé, malgré des flux de trésorerie représentant encore 38% du chiffre d’affaires, et n’apportant plus la croissance des dernières années, Maroc Telecom offre en outre très peu de synergies avec les autres activités de télécoms de Vivendi (SFR et GVT).
Le principe de la cession paraît donc logique. Reste à trouver le repreneur. Si la direction de France Télécom a indiqué la semaine dernière qu’elle examinerait le dossier s’il venait à se présenter – le groupe est présent au Maroc avec Meditel – les opérateurs moyen-orientaux Qtel (Qatar) et Etisalat (Emirats) paraissent les mieux placés, notamment en raison d’une plus grande proximité culturelle entre les Etats du Golfe et le royaume marocain. Avec 30% du capital, et compte tenu du caractère stratégique de Maroc Telecom, Rabat aura son mot à dire. Les opérateurs du Golfe ne sont également pas aussi contraints financièrement que les groupes européens, concentrés sur la gestion de leur dette.
La faiblesse du nombre potentiel de repreneurs risque en revanche de peser sur le prix de cession. Les 4 milliards d’euros récemment évoqués, soit seulement 5,2 fois l’Ebitda, deux fois moins que le multiple payé par France Télécom pour Meditel en 2010, représentent une décote de 10% par rapport à la valorisation actuelle de Maroc Telecom en Bourse.
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