L’entrée d’un fonds activiste chez Danone pourrait accélérer sa réorganisation

Un changement trop radical de la stratégie du groupe français semble néanmoins exclu. Danone n’a pas été informé d’un franchissement de seuil
Yves-Marc Le Reour

L’entrée au capital de Danone d’un actionnaire activiste, annoncée en premier lieu hier par le Financial Times, n’a eu qu’un effet temporaire sur le cours de Bourse du groupe français, l’action ayant terminé quasiment stable après avoir pris jusqu’à 4,3% en séance.

Nelson Pelz a confirmé cette nuit avoir pris une participation de 1% dans le groupe agroalimentaire, ce qui lui aura coûté environ 300 millions d’euros, afin d’engager « un dialogue constructif » avec le management du groupe. Il estime que le groupe peut mettre en oeuvre une stratégie qui lui permette d’améliorer de plusieurs points sa marge opérationnelle « grâce à une structure de coûts plus légère » et en évitant « des opérations de fusions et acquisitions dilutives ». Il en résulterait selon l’actionnaire une création de valeur qui permettrait à l’action Danone de gagner jusqu’à 60% au cours des deux prochaines années. Danone avait de son côté hier simplement indiqué n’avoir pas été informé d’un franchissement de seuil, fixé à 0,5% dans ses statuts, de la part de l’investisseur ou de son fonds Trian.

«Danone a été critiqué pour ne pas avoir réalisé une très grande restructuration en Europe de l’ouest», rappelle Jon Cox, analyste chez Kepler Capital Markets, en ajoutant que l’arrivée de l’homme d’affaires serait susceptible de déclencher des actions plus fortes. Connu pour avoir contribué au démembrement de Cadbury en 2008, l’homme d’affaires est entré cette année au conseil d’administration d’Ingersoll-Rand après l’achat d’une participation de 7,3% au capital du groupe industriel américain.

Mais Jeff Stent, analyste chez Exane BNP Paribas, relève que «l’industrie laitière est considérée comme stratégique en France», ce qui devrait prévenir un changement trop radical dans la politique du groupe.

Un point de vue partagé par Andrew Wood, analyste chez Sanford Bernstein, qui explique que les pouvoirs publics français étaient rapidement intervenus en 2005 en faveur de Danone pour éviter qu’il ne passe sous pavillon étranger. Des rumeurs avaient à l’époque fait état d’un rachat potentiel de Danone par les américains PepsiCo ou Kraft.

La capitalisation boursière de Danone ressort actuellement à 30,9 milliards d’euros, soit un peu plus du double de sa valeur comptable, ce qui reste inférieur au ratio de près de 5 fois pour Unilever.

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