L’émission de Sinopec soulève des doutes sur sa situation financière

Sans explication sur la destination des fonds, le titre chutait de 7% hier matin après l’annonce d’une émission d’actions de 2,3 milliards d’euros
Patrick Aussannaire

Sinopec a souffert de son manque de communication. Le titre du géant pétrolier chinois dévissait hier matin de 7% à 8,69 dollars hongkongais après avoir lancé une émission de 2,85 millions d’actions à Hong Kong qui lui permettrait de récolter 2,3 milliards d’euros. A un prix de 8,45 dollars locaux par action, l’émission offre une décote de 2,8% par rapport au dernier cours, et de 7,4% par rapport à la moyenne des cours sur les trente dernières séances. Les titres émis représentent 17% des actions de classe H actuellement sur le marché. Le groupe n’a pas précisé la destination des fonds, se contentant d’indiquer qu’ils serviraient «aux besoins généraux de la société», ce qui a suscité l’inquiétude des investisseurs sur sa situation financière.

Ces craintes sont alimentées par le niveau élevé du ratio d’endettement du géant chinois qui culmine à 50%, contre 10% pour Cnooc et 30% pour PetroChina. Or, l’opération orchestrée par Goldman Sachs ne permettra de réduire le ratio de dette sur actions que de deux points à 49%, selon Citigroup. Un fardeau qui pourrait s’alourdir si Sinopec, comme le suspecte le Wall Street Journal, finalisait en avril le rachat d’actifs pétroliers et gaziers à sa maison mère pour 8 milliards de dollars. Jefferies estime que Sinopec Group dispose de 40 milliards de dollars d’actifs qu’il pourrait progressivement céder à sa filiale, «ce qui entraînera une série d’activités sur les marchés».

L’opération permettrait à Sinopec, qui dispose de projets d’exploitation au Royaume-Uni, en Russie, en Colombie, au Kazakhstan et même aux Etats-Unis, d’augmenter ses capacités de production de 12% et de disposer de meilleures marges que sur ses activités de raffinerie, mais le montant payé pèserait sur ses capacités de rachats à l’étranger.

La forte dépendance de Sinopec aux activités de raffinerie rend le groupe également vulnérable à la fixation des prix du pétrole par Pékin. Ces activités accusaient une perte nette de 15,5 milliards de yuans (1,8 milliard d’euros) sur les neuf premiers mois de l’année. Ce qui contraste avec le bénéfice global de 42,83 milliards dégagé par l’ensemble du groupe. En outre, après l’établissement de sa responsabilité dans la pollution de la ville de Pékin, Sinopec s’est engagé à investir 10 milliards de yuans supplémentaires pour améliorer la qualité de ses raffineries.

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