L’économie nippone devrait bientôt pouvoir tirer parti de la faiblesse du yen
La baisse inattendue de la production industrielle japonaise en février témoigne de la difficulté des pouvoirs publics à sortir l’Archipel du marasme économique et de la déflation. En dépit d’un repli de 18% du yen face au dollar au cours des six derniers mois, la production a reculé de 11% d’une année sur l’autre et de 0,1% en rythme séquentiel, bien loin de la progression de 2,6% anticipée d’un mois sur l’autre par les économistes. Cette évolution décevante est principalement liée à la faiblesse du secteur électronique, dont la production a reculé de 5% d’un mois sur l’autre, les fabricants ayant surestimé la demande en matière de smartphones, selon certains économistes. L’indice des prix à la consommation a de son côté reculé de 0,3%, un peu moins que les 0,4% prévus par le consensus.
Tokyo maintient sa prévision d’un rebond de la production, qui pourrait atteindre 1% en mars, mettant en avant le fait que 10 des 16 secteurs d’activité passés en revue ont enregistré une hausse de leur production, y compris l’automobile qui a bénéficié d’une demande dynamique aux Etats-Unis. Yoshiki Shinke, économiste en chef de Dai-ichi Life Research Institute à Tokyo, juge qu’un rebond des exportations devrait être visible «à partir du deuxième trimestre», ou dans le courant de l’été au plus tard.
La dernière enquête réalisée auprès des directeurs d’achats du secteur manufacturier confirme une prochaine inversion de tendance. L’indicateur avancé PMI Markit est en effet remonté ce mois-ci à 50,4 points contre 48,5 en février, franchissant pour la première fois depuis mai 2012 le seuil de 50 séparant expansion et contraction de l’activité. Le sous-indice des commandes à l’export a atteint 53,9 en mars contre 47,4 le mois précédent, tandis que celui de la production est passé de 48,1 à 51,3.
«Des éléments prouvent que la faiblesse récente du yen a dopé les exportateurs en mars, la production et les nouvelles commandes renouant toutes les deux avec la croissance au cours du mois», commente Andrew Harker, économiste senior de Markit, en ajoutant que «les effets de la dépréciation du yen peuvent aussi s’observer sur les coûts entrants, dont l’inflation atteint un plus haut de 18 mois». Signe de continuité dans la politique de change du pays, le Ministère des Finances nippon a annoncé la nomination de Mitsuhiro Furusawa au poste de vice ministre des Finances en charge des affaires internationales.
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