Le yuan devient une source de financement pour les émetteurs français

Lafarge pourrait dès cette semaine imiter Air Liquide, qui a réalisé la plus grosse émission obligataire en renminbi d’un corporate européen
Alexandre Garabedian

Unilever et Volkswagen avaient ouvert la voie au printemps. Après Tesco en août, Air Liquide les a suivis la semaine dernière en devenant la première entreprise française à aller se financer sur le marché obligataire en yuan, celui des «dim sum bonds». Avec l’aide de Bank of China, ICBC, HSBC et Standard Chartered, le groupe a placé le 8 septembre 1,75 milliard d’obligations à 5 ans libellées en renminbi (soit l’équivalent de 195 millions d’euros) portant un coupon de 3%, et 850 millions d’obligations à 7 ans.

«La tranche à 5 ans constitue la plus large émission en montant d’un corporate européen. Celle à 7 ans est la plus longue maturité jamais mise à prix (toujours pour un corporate européen), sachant que 3 ans est la maturité la plus populaire sur ce marché», explique Paul Santucci, responsable origination corporate pour HSBC France.

Les professionnels de la dette n’en doutent pas: le yuan devient progressivement une devise de financement pour les entreprises étrangères. «Toutes les entreprises qui ont des activités en Chine peuvent être intéressées par ce marché et n’ont aucun mal à émettre compte tenu des capitaux disponibles, indique un autre banquier spécialisé sur le primaire dette. De plus, les documents d’émission obligataire sont très simples». «L’émission peut être faite à partir d’un programme EMTN», confirme Paul Santucci.

Les entreprises doivent encore composer avec la convertibilité limitée du yuan, mais Pékin adopte désormais une attitude plus souple. «La seule contrainte est que les fonds sont levés en renminbi offshore avant d’être rapatriés en onshore, explique Paul Santucci. Cela nécessite l’accord des autorités chinoises, ce qui peut prendre de quelques semaines à quelques mois selon les projets».

Air Liquide devrait d’ailleurs bientôt être imité sur le marché du yuan par un autre groupe français, Lafarge. Celui-ci s’apprête à lever du renminbi à travers sa filiale locale, Lafarge Shui On, codétenue avec le chinois Shui On Construction & Materials. Citigroup, HSBC, Mitsubishi UFJ et Standard Chartered ont été mandatées pour organiser des présentations auprès des investisseurs crédit. Elles se tiendront demain à Singapour et mercredi à Hong Kong. L’émission inaugurale pourrait ensuite avoir lieu en fin de semaine ou en début de semaine prochaine en fonction du délai de réponse des investisseurs et des conditions de marché.

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