Le volume de faillites personnelles pourrait à nouveau augmenter aux Etats-Unis
L’institut américain des faillites (American Bankruptcy Institute, ABI) a indiqué que le nombre de sociétés ayant requis l’an dernier aux Etats-Unis la protection de la loi sur les faillites a progressé de quelque 9%. Surtout, l’ABI craint que ce volume d’entreprises en détresse puisse à nouveau augmenter cette année.
La hausse du volume de faillites enregistrées l’an dernier est en premier lieu le fait d’un endettement élevé de la part des entreprises ainsi que d’une stagnation de la croissance, selon l’ABI, qui cite dans son rapport annuel publié hier des données du Centre américain de recherche sur les faillites. L’institut avait pourtant misé sur un volume de faillites de 1,6 million pour 2010. Certes le rythme de déclarations s’est ralenti au quatrième trimestre, avec même moins de demandes en octobre et en novembre par rapport au même mois de l’année précédente. Pas de doute selon le directeur de l’ABI Samuel Gerdano, la relative amélioration de fin d’année a été soutenue par une réduction de l’endettement et des dépenses de nombre de ménages. Le responsable estime que désormais «moins de personnes sont susceptibles d’en arriver au point extrême» que constitue une déclaration de faillite. Le mois dernier, le nombre de déclarations, à 118.146, a progressé de 4% sur un an et de 3% par rapport au mois précédent.
Le volume de faillites observées en 2010 est au plus haut depuis 2005, année où le Congrès a voté une loi rendant plus difficile le fait pour un particulier de se dédouaner du paiement d’une créance et de se placer sous la protection d’un tribunal des faillites. Cette année-là, 2,04 millions de demandes de mise en faillite avaient été enregistrées, les particuliers se pressant au portillon avant l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation en octobre 2005.
Samuel Gerdano reste prudent à court terme. Il avance qu’il existe traditionnellement un délai de douze à dix-huit mois entre l’évolution de la dépense des ménages et celle du niveau des faillites. Ce dernier est donc appelé à progresser encore cette année, en dépit des efforts de réduction des dépenses et dans le sillage de lé récente récession. «Les lois de la gravité économique ont davantage de pouvoir que celles votées par le Congrès», assène le responsable de l’Institut des faillites, qui reconnaît pourtant que le consommateur est toujours plus conscient des risques de l’endettement au sein d’une économie fragilisée.
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