Le Trésor américain profite de la promotion de GM au S&P 500 pour accélérer sa sortie
La date a été parfaitement choisie. Le Trésor américain a annoncé hier son intention de vendre 30 millions d’actions de General Motors, le jour même où le titre du premier constructeur automobile américain doit réintégrer les rangs du S&P 500. La promotion de l’action GM dans l’indice de référence de la Bourse américaine, effective depuis hier soir, devrait susciter une demande mécanique des gérants indiciels et ainsi faciliter le placement des titres détenus par l’Etat américain.
Le Trésor prévoit également de vendre le portefeuille de 20 millions d’actions détenu par le syndicat UAW, ce qui porte à 50 millions le nombre d’actions mises en vente. Aux cours actuels de General Motors, à 35 dollars, cette cession rapporterait directement un peu plus d’un milliard de dollars au Trésor, plus 700 millions pour les titres détenus par UAW.
Pour autant, le Trésor est encore loin de rentrer dans ses frais. Il avait mobilisé 49,5 milliards de dollars en 2009 via le programme d’aide Tarp (Troubled Asset Relief Program) pour éviter la faillite de GM. Entre les 12 milliards récoltés au moment du retour du groupe en Bourse en 2010, les dividendes et les intérêts, et les premières cessions de titres, le Trésor a récupéré jusqu'à présent 28,7 milliards de dollars. Même la vente à venir des 241,7 millions d’actions GM qui lui restent, soit environ 18% de son capital, ne suffira pas à équilibrer l’opération de sauvetage de GM. Son intervention, couplée à celle sur Chrysler, également en difficulté, avait toutefois permis de préserver plus d’un million d’emplois.
Le Trésor espère avoir achevé son désengagement du capital de GM d’ici au début de l’année prochaine. Sa sortie accélérée devrait permettre de lever une grande partie du risque d’afflux de titres dont souffre l’action GM depuis plusieurs mois. Elle devrait aussi contribuer à améliorer l’image du groupe alors que son sauvetage avait suscité de nombreuses critiques dans l’opinion publique américaine. Il lui avait valu le surnom de «Government Motors».
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