Le thaïlandais PTTEP investit 2,3 milliards de dollars pour entrer au Canada
PTT Exploration and Production (PTTEP), filiale à 65% de la plus grosse compagnie pétrolière thaïlandaise détenue par l’Etat et concurrente directe des chinois CNOOC et Sinopec dans la région Asie-Pacifique, a annoncé qu’elle comptait mettre 2,3 milliards de dollars sur la table pour acquérir 40% du projet d’exploitation de sables bitumineux canadien Kai Kos Dehseh située dans la province d’Alberta, auprès de Statoil.
L’acquisition, qui devra passer le test d’approbation des autorités canadiennes, se fait via un accord de vente de deux filiales canadiennes de Statoil qui détiennent le projet et sera financée en partie en cash et en partie par une émission de titres. Si la compagnie norvégienne conserve une majorité de 60% dans le projet, PTTEP, d’une valeur de marché d’environ 20 milliards de dollars, est le premier groupe thaïlandais à faire son entrée dans le secteur pétrolier canadien, le plus important derrière ceux du Moyen-Orient.
«Cette acquisition fournit à PTTEP un accès aux très attractifs sables bitumineux du territoire canadien ainsi qu’une solide plate-forme pour sa croissance future dans les ressources non conventionnelles», indique la société thaïlandaise. Alors que PTTEP possède déjà 43 projets dans 12 pays, les cinq projets phares du site ont une capacité de production agrégée de 300.000 barils par jour.
Si certains analystes estiment le prix du rachat élevé, les pays émergents font pression sur leurs compagnies énergétiques locales pour investir massivement à l’étranger. PetroChina a déjà investi 1,9 milliard de dollars dans deux partenariats au Canada et China Petrochemical, 4,65 milliards. En outre, la Thaïlande est très dépendante de l’extérieur pour sa consommation énergétique et la diversification des ressources de PTTEP, qui a acquis Coogee Resources en 2008, est un moyen de réduire la dépendance énergétique du pays en reconstituant ses réserves, en voie d’épuisement.
De son côté, Statoil a frôlé la catastrophe en mai dernier sur l’une de ses plates-formes en Mer du Nord suite à la découverte de «sérieuses déficiences». «Seule la chance a permis d’éviter une explosion majeure qui aurait pu se transformer en catastrophe majeure», ont indiqué les autorités qui ont ouvert une enquête. Les travaux de maintenance qui découlent de l’incident ont conduit le groupe à réviser à la baisse son objectif de production de pétrole pour 2010.
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