Le suisse Roche s’astreint à une drastique cure d’amaigrissement
Roche a rassuré hier à l’occasion de la publication des détails du plan «Excellence Opérationnelle» annoncé en septembre. Comme le soulignent les analystes de la banque Wegelin, le groupe pharmaceutique suisse «n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, tant il était sous pression ces derniers temps».
Le groupe bâlois a présenté le plan comme la condition d’un «succès durable dans un environnement en évolution rapide». Il s’agit d’adapter la structure de coûts face à des pressions croissantes sur les charges et les prix de vente, particulièrement aux Etats-Unis et en Europe. Sans renoncer naturellement à des efforts de recherche et développement destinés à assurer la «capacité d’innovation à long terme». Car Roche se targue d’engager ce plan en position de force, se comparant favorablement face à la concurrence quant aux expirations à venir de brevets.
Le groupe a dépassé les attentes concernant les objectifs chiffrés. Le plan vise des économies annuelles de 2,4 milliards de francs suisses (1,8 milliard d’euros), mises en œuvre d’ici à fin 2012 (1,8 milliard de francs dès l’an prochain). A ce même horizon, 4.800 postes devraient être supprimés, soit 6% de l’effectif total du groupe. En outre, 700 postes seront externalisés et 800 transférés en interne. Ces mouvements concernent avant tout les forces de vente et de marketing, et pour plus de la moitié les Etats-Unis.
Roche, qui a par ailleurs confirmé des objectifs 2010 passant notamment par une hausse voisine de 5% des ventes en devises locales, a estimé à 2,7 milliards le coût total du plan, avec un impact de 1,5 milliard sur les liquidités.
Les analystes, qui misaient sur des économies annuelles de 1,5 à 2 milliards de francs, n’ont pas manqué de saluer l’annonce de Roche. «Le marché devrait montrer sa satisfaction du fait que le groupe ait pu s’observer sérieusement dans le miroir et faire le nécessaire», selon Carri Duncan chez Macquarie. Oddo relève l’«ambition» du plan et mise en termes de bénéfice net par action sur un impact «significatif» de 12% en moyenne jusqu’en 2016 (jusqu’à 14% en 2012). Le courtier, qui assure tenir compte des «vents contraires» notamment réglementaires cités par Roche (réformes de la santé), a ainsi révisé en nette hausse ses prévisions de marge opérationnelle, relevant par exemple de 4,8 points, à 39,8%, celle de 2012.
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