Le succès de l’IPO de Renren fait tourner la tête de Facebook

L’action du « Facebook chinois » s’est envolée de 29%, valorisant Renren à 90 fois ses revenus 2010 contre 35 fois pour le site américain
Patrick Aussannaire

Le succès de l’IPO de Renren a de quoi faire rêver Facebook. Pour son premier jour de cotation à la Bourse de New-York, le cours de l’action du site de réseau social, le «Facebook chinois», a clôturé hier soir en hausse de 28,6% à 18,01 dollars, après s’est envolée à près de 50% en séance à 24 dollars. Un total de 53,1 millions d’actions avaient été mises sur le marché avec une fourchette de prix initiale de 9 à 11 dollars par action, relevée la semaine dernière à 12-14 dollars pour être finalement introduites au prix de 14 dollars.

L’opération, qui a permis de lever 743 millions de dollars, valorise la société pékinoise à plus de 7 milliards de dollars, soit environ 90 fois son chiffre d’affaires de 76,5 millions de dollars enregistré au cours de l’exercice 2010. Dans le même temps, Facebook était valorisé par ses investisseurs institutionnels à 70 milliards de dollars ces derniers jours, soit plus de 35 fois son chiffre d’affaires 2010 estimé à environ 2 milliards de dollars. Nick Einhorn, analyste chez Renaissance Capital, explique un tel écart par le fait que «les investisseurs estiment comme fortement probable que Renren rejoigne la taille de Facebook».

Les niveaux de valorisation de Renren, dont les revenus ont progressé de 64% en 2010, intègre la profondeur du marché internet chinois et son potentiel de développement. Si la Chine compte le plus grand nombre d’utilisateurs d’internet et de téléphones mobiles, seulement 38% des utilisateurs font partie d’un site de réseau social, contre 70% dans le monde et 81% aux Etats-Unis, selon lcomScore Media Metrix. De plus, Renren bénéficie d’un quasi monopole sur son marché domestique, Facebook en étant écarté par les autorités chinoises. Et le rendez-vous raté de Google en Chine semble avoir douché les velléités de Facebook.

Les niveaux de valorisation des ces sociétés font craindre une deuxième bulle internet. Si Jonathan Nelson, directeur de Providence Equity Partners, note que « certaines des sociétés internet ont de vrais plans de développement, des revenus réels, et dans certains cas font des profits», Bill Buhr, stratégiste des IPO chez Morningstar, s’inquiète plus, à l’instar de Renren, de la fiabilité des données fournies par les sociétés internet et notamment chinoises. «Presque à chaque IPO chinoise, la section des risques indique des déficiences comptables dans les données fournies».

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