Le sort d’EEM et de sa trésorerie se joue en assemblée générale
Après plusieurs semaines d’affrontement à distance ou devant les tribunaux, les principaux actionnaires d’Electricité et Eaux de Madagascar (EEM) décideront cet après-midi, en assemblée générale, du sort du holding. Vendredi, François Gontier, le PDG d’EEM, qui détient via sa société Verneuil un quart de son capital, s’est engagé devant le tribunal de commerce de Paris à ne pas cantonner une partie des droits de vote du concert d’actionnaires frondeurs. Emmenée par l’homme d’affaires Guy Wyser-Pratte, cette alliance contrôle 24,39% des droits de vote d’EEM, selon le dernier franchissement de seuil adressé à l’AMF.
L’homme d’affaires franco-américain avait saisi la justice car il craignait pour la bonne tenue de l’AG, rappelant l’épisode de l’affaire Eiffage-Sacyr au cours duquel la direction du groupe de BTP avait privé en AG son actionnaire espagnol d’une partie de ses droits de vote, provoquant sa défaite puis son retrait du capital. La manœuvre a depuis été jugée illégale par le tribunal de commerce de Nanterre en 2008, et cette affaire fait aujourd’hui jurisprudence.
Quoique surveillée par un huissier, à la demande des deux camps, l’AG de cet après-midi devait donc se tenir dans des conditions d’équité, se félicitent les deux parties. L’ambiance risque malgré tout d’être extrêmement tendue. Le concert d’opposants, pour certains engagés depuis plusieurs années, a prévu de poser près d’une vingtaine de questions à François Gontier sur sa gestion d’EEM. Les frondeurs proposeront également quatre résolutions visant à renverser le conseil d’administration d’EEM, dont son président François Gontier, en vue de le remplacer par Guy Wyser-Pratte. En guise de réplique, la société demandera la révocation de Guy Wyser-Pratte du conseil d’administration.
Cette lutte de pouvoir entre deux hommes d’affaires pourtant proches et associés dans différentes affaires dans les années 90 (Strafor Facom…), vise surtout l’utilisation de la trésorerie d’EEM. Estimée entre 20 et 30 millions d’euros, elle représente quasiment la moitié de la capitalisation boursière du holding. Guy Wyser-Pratte ne cache pas ses ambitions en Europe. EEM pourrait ainsi lui servir de tête de pont dans ses investissements, pourquoi pas chez Lagardère. L’homme d’affaires n’exclut pas de relancer au printemps prochain son action contre la commandite du groupe de médias et de défense.
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