Le sort de RIM et de Dell anime le secteur technologique outre-Atlantique
Le directeur financier du géant chinois de l’informatique Lenovo, Wong Wai Ming, s’est fait remarquer hier à Davos, en déclarant à Bloomberg en marge du Forum économique mondial que son groupe n’excluait pas de lancer une opération visant Research in Motion (RIM), le fabricant du Blackberry en grandes difficultés. C’est une éventualité parmi d’autres, a indiqué le dirigeant, qui assure qu’il saisira toute opportunité intéressante qui pourrait se présenter. Le scénario ne suscite pas encore toutefois la pleine adhésion des analystes, à en croire la progression limitée à 2,2% du titre RIM hier sur le Nasdaq, à 17,74 dollars. Wall Street table notamment sur un obstacle de taille, le refus des autorités canadiennes de céder le contrôle à un acteur chinois. Un analyste cité par Reuters évoquait un simple coup de communication, réussi, de la part de Lenovo.
La déclaration n’en met pas moins en lumière la situation épineuse de RIM. Il y a une semaine, le directeur général de RIM, Thorsten Heins, n’avait pas exclu d’alliance stratégique qui pourraient impliquer une vente de l’activité de smartphones, alors que le groupe lance la semaine prochaine des téléphones équipés de son nouveau système d’exploitation Blackberry 10 sur lequel il mise gros pour regagner des parts de marché. En mai dernier, RIM avait annoncé un réexamen stratégique en promettant de n'écarter aucune option, y compris la vente pure et simple de l’entreprise. Le cours boursier de RIM a chuté de 90% depuis 2008, mais a triplé depuis septembre dernier.
La sortie du dirigeant de Lenovo intervient alors que le sort de Dell suscite également l’intérêt. Reuters avançait de sources proches cette nuit qu’une offre, attendue, de la part de Silver Lake Partners devrait emporter l’affaire face à d’autres prétendants industriels ou financiers pour sortir le fabricant d’ordinateurs individuels de la cote. Essentiellement grâce au soutien du fondateur et directeur général Michael Dell, qui détient environ 16% du capital. Ou à la présence à ses côtés de Microsoft. Le géant du logiciel, justement, qui a dévoilé hier un recul de 6,6 à 6,4 milliards de son bénéfice net pour le trimestre écoulé, pour un chiffre d’affaires en hausse de 3% à 21,46 milliards. Le groupe a notamment pâti de la faiblesse des ventes de la gamme Office du fait de l’imminence du lancement d’une nouvelle version de ce produit, ou encore de ventes décevantes de la console de jeux Xbox pendant les fêtes.
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