Le sort de Petroplus devra être réglé dans les prochains jours
Le temps presse pour Petroplus. Trois jours après l’annonce du gel d’une ligne de crédit d’un milliard de dollars, le raffineur suisse a commencé dès le 30 décembre à mettre à l’arrêt la production de son site belge d’Anvers, tandis que l’usine française de Petit-Couronne en Normandie (550 salariés) suivra le mouvement aujourd’hui, en dépit de l’intervention du gouvernement français qui avait saisi le médiateur du crédit mercredi dernier. Selon une source syndicale française, «les manœuvres d’arrêt en sécurité de telles installations sont assez longues et devraient durer de lundi à vendredi».
Dans un communiqué publié le 30 décembre, Petroplus, qui emploie au total 2.500 salariés en Europe, précise que la raffinerie suisse de Cressier, la plus petite du groupe, suspendra également sa production courant janvier, bien que le syndicat suisse Unia ait auparavant affirmé que cette unité semblait «financièrement à l’équilibre». Si rien n’est dit sur la raffinerie britannique de Coryton, le site d’Ingolstadt en Bavière a de «bonnes chances» de continuer à être exploité car il est rentable, selon le syndicat allemand IG BCE.
Les discussions «ouvertes et constructives» entre Petroplus et ses 13 principales banques (notamment Credit Suisse, Morgan Stanley, Deutsche Bank, BNP Paribas, la Société Générale et Natixis), qui se sont tenues jeudi dernier à Zurich, se poursuivront «durant les prochains jours», indique la société. Elle ajoute que la reprise de la production des raffineries «dépendra des conditions économiques et de la disponibilité de ses facilités de crédit». La fermeture des sites de Petroplus, à l’origine de 4,4% des capacités de raffinage en Europe, «devrait contribuer au redressement des marges des distillats dans la région», estime de son côté le bureau d’analyse autrichien JBC Energy.
Invoquant la «détérioration brutale de la situation de liquidité du groupe», l’agence S&P avait dès jeudi soir abaissé sa note de crédit à long terme de «B» à «CCC+», en n’excluant pas l’éventualité d’un dépôt de bilan. Une décision également prise par Moody’s qui a rétrogradé Petroplus de «B2» à «Caa1». Malgré un rebond de 5,5% à 1,7 franc suisse du titre sur la dernière séance de l’année 2011, l’action Petroplus a perdu 86% de sa valeur en 12 mois.
Plus d'articles du même thème
-
Crédit Agricole CIB entend faire fructifier son héritage indien
La filiale spécialisée dans les activités de financement et d’investissement de Crédit Agricole SA ne cache pas ses ambitions en Inde. Pour y déployer sa stratégie de niche, elle a doublé son allocation de capital consacrée au pays. Et compte y monter encore en puissance. -
Les actions indiennes ont perdu de leur lustre
Après des années de forte surperformance sur les marchés actions émergents, les places boursières indiennes ont accusé le coup depuis deux ans, en raison de valorisations trop élevées. -
Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
En tenant compte des provisions déjà prises sur ce dossier, la décision du tribunal affectera les comptes trimestriels du réassureur à hauteur de 50 millions d'euros.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Finances royales : au Royaume-Uni, Charles III mise sur la transparence et révèle un impôt record
Premier monarque britannique à dévoiler publiquement sa contribution fiscale, Charles III a révélé avoir acquitté plus de 30 millions de livres d'impôts depuis son accession au trône en septembre 2022, soit environ 35 millions d'euros -
CarrièreDéconnecter, une mesure de sauvegarde pour nos cerveaux
L’Observatoire B2V des mémoires, cet organisme créé par le Groupe de protection sociale B2V, pour explorer la mémoire et le fonctionnement de nos cerveaux et vulgariser l'information scientifique, nous rappelle pourquoi il est vraiment nécessaire de faire une pause -
CarrièreTrois conseils de l’Apec pour entretenir son employabilité
Et si après 45 ans, votre meilleur atout… c’était vous (mais un peu version 2.0) ?