Le sort de Petroplus devra être réglé dans les prochains jours

Trois des cinq raffineries du groupe seront mises à l’arrêt en janvier, tandis que les discussions se poursuivent avec ses banques
Yves-Marc Le Réour
Les Actifs du Patrimoine 2017 - 16

Le temps presse pour Petroplus. Trois jours après l’annonce du gel d’une ligne de crédit d’un milliard de dollars, le raffineur suisse a commencé dès le 30 décembre à mettre à l’arrêt la production de son site belge d’Anvers, tandis que l’usine française de Petit-Couronne en Normandie (550 salariés) suivra le mouvement aujourd’hui, en dépit de l’intervention du gouvernement français qui avait saisi le médiateur du crédit mercredi dernier. Selon une source syndicale française, «les manœuvres d’arrêt en sécurité de telles installations sont assez longues et devraient durer de lundi à vendredi».

Dans un communiqué publié le 30 décembre, Petroplus, qui emploie au total 2.500 salariés en Europe, précise que la raffinerie suisse de Cressier, la plus petite du groupe, suspendra également sa production courant janvier, bien que le syndicat suisse Unia ait auparavant affirmé que cette unité semblait «financièrement à l’équilibre». Si rien n’est dit sur la raffinerie britannique de Coryton, le site d’Ingolstadt en Bavière a de «bonnes chances» de continuer à être exploité car il est rentable, selon le syndicat allemand IG BCE.

Les discussions «ouvertes et constructives» entre Petroplus et ses 13 principales banques (notamment Credit Suisse, Morgan Stanley, Deutsche Bank, BNP Paribas, la Société Générale et Natixis), qui se sont tenues jeudi dernier à Zurich, se poursuivront «durant les prochains jours», indique la société. Elle ajoute que la reprise de la production des raffineries «dépendra des conditions économiques et de la disponibilité de ses facilités de crédit». La fermeture des sites de Petroplus, à l’origine de 4,4% des capacités de raffinage en Europe, «devrait contribuer au redressement des marges des distillats dans la région», estime de son côté le bureau d’analyse autrichien JBC Energy.

Invoquant la «détérioration brutale de la situation de liquidité du groupe», l’agence S&P avait dès jeudi soir abaissé sa note de crédit à long terme de «B» à «CCC+», en n’excluant pas l’éventualité d’un dépôt de bilan. Une décision également prise par Moody’s qui a rétrogradé Petroplus de «B2» à «Caa1». Malgré un rebond de 5,5% à 1,7 franc suisse du titre sur la dernière séance de l’année 2011, l’action Petroplus a perdu 86% de sa valeur en 12 mois.

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