Le secteur minier s’annonce encore comme un moteur des M&A en 2011

Les groupes canadiens tiennent le haut de l’affiche au sein d’opérations ayant totalisé 113 milliards de dollars dans le monde l’an passé
Benoît Menou

Le secteur minier restera en ébullition cette année en termes d’opérations de fusions-acquisitions. Et la valeur cumulée des transactions poursuivra sa progression après avoir bondi de 90% déjà en 2010 à 113 milliards de dollars, comme l’avancent des rapports publiés par Ernst & Young et PricewaterhouseCoopers.

Les prédateurs se livrent à une véritable course mondiale aux ressources naturelles. Une quête contre la montre afin de devancer le concurrent. Plus aucun recoin de la planète ne semble devoir échapper à leur voracité, à l’image de pays jugés risqués tels la Papouasie Nouvelle-Guinée, la Mongolie ou l’Afghanistan, comme le souligne E&Y. Le cabinet de conseil relève dans ce contexte la situation des groupes indiens, qui cherchent désespérément à combler un retard d’une décennie face à leurs pairs chinois.

La croissance économique de ces deux pays est gourmande en ressources naturelles. Cela alimente la hausse des cours des matières premières ainsi que le volume des M&A du fait de la volonté de contrôler davantage ses approvisionnements et grâce aux forces de frappe qu’offrent des capitalisations boursières en hausse. Le cercle vertueux est en place pour que le volume de M&A progresse à nouveau en 2011. E&Y table sur une hausse de 25%, avec toujours une forte représentation des actifs liés au minerai de fer, au cuivre et au charbon et des acquisitions «de complément» de un à trois milliards de dollars de la part des principaux acteurs. Tandis que PwC relève que 27 milliards de dollars ont déjà été promis par les prétendants cette année. Les interrogations quant aux niveaux de valorisations ou les tentations protectionnistes pourraient toutefois contribuer à une relative modération. Mais les introductions en Bourse seront aussi à la fête, particulièrement à Londres selon S&P.

Dans ce contexte, comme le met en lumière l’étude de PwC, le rôle de la Chine dans l’activité mondiale de M&A dans les mines est surestimé par l’opinion, même si la contribution relative du pays devrait continuer à croître. C’est bel et bien le Canada qui tient le haut du pavé, tant du côté des cibles que des acquéreurs. Les groupes canadiens ont été impliqués dans 36% des opérations de rapprochements l’an passé, la capitalisation boursière des valeurs minières atteignant, fin 2010, 396 milliards de dollars à la Bourse de Toronto.

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