Le secteur du transport du gaz entame sa concentration
Le secteur du transport d’hydrocarbures, bien que n’ayant pas été autant affecté que celui de l’extraction par la chute du prix du pétrole, cherche à se renforcer, notamment par des rapprochements.
Hier, Energy Transfer Equity (ETE) a rendu publique l’offre d’acquisition qu’il a faite au conseil d’administration de Williams Companies (Williams Co.) le 18 juin dernier. Ce dernier avait rejeté cette proposition dimanche, estimant qu’elle «sous-évaluait» l’exploitant de gazoducs basé à Tulsa, dans l’Oklahoma.
L’offre, financée en titres, valorise cette dernière à 53,1 milliards de dollars, dette comprise (46,7 milliards d’euros). ETE propose 64 dollars par action Williams Co., soit 48 milliards de dollars pour la totalité des actions en circulation. Ce montant représente une prime de 32,4% par rapport au cours de clôture de la cible vendredi 19 juin.
Mais ETE conditionne sa proposition à l’abandon par l’exploitant de gazoducs de son offre sur les 40% du capital qu’il ne détient pas encore dans Williams Partners LP, une filiale en commandite dite «maître» (master limited partnership, ou MLP). Cette opération représente 13,8 milliards de dollars. Son lancement, le 13 mai dernier, a résolu ETE de soumettre sa proposition.
Or, Williams Co. n’a pas, pour l’instant, l’intention d’abandonner la fusion avec sa filiale, dans un mouvement qui s’inscrit dans l’ère du temps. Les entreprises du secteur cherchent en effet une première réponse à la conjoncture en simplifiant leurs structures capitalistiques et juridiques alambiquées, qui mêlent souvent sociétés anonymes, MLP et une cascade de sociétés en commandites (limited partnership, ou LP).
Cette rationalisation a notamment pour objectif de concentrer les flux de capitaux, dont les porteurs de parts de MLP siphonnent une partie, privant les entreprises opérationnelles de ressources financières indispensables dans le contexte actuel. Le mois dernier, Crestwood Equity Partners a annoncé le rachat de son MLP Crestwood Midstream Partners, tandis que le numéro un du secteur, Kinder Morgan, a consolidé l’ensemble de ses parts au sein d’une seule entreprise en 2014.
Même si elle est (pour l’instant) refusée, l’approche d’ETE ne sera pas sans conséquence. En réponse à l’offre, le groupe de Tulsa a mandaté Barclays et Lazard pour entamer avec lui une réflexion sur sa stratégie à venir, sans exclure l’idée d’une fusion ou d’une vente à un concurrent. Une décision qui devrait éveiller l’intérêt du secteur.
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