Le secteur automobile est encore jugé trop timide
BMW n’a pas dénoté. Comme la plupart des constructeurs, le bavarois a relevé hier ses objectifs annuels. Il n’attend plus 5% mais 7% de marge opérationnelle dans sa branche automobile. Ceci dit, le marché s’est montré un peu déçu. Car au vu des performances réalisées jusqu’ici (7,7% de marge sur neuf mois), «le consensus est déjà à 7,4%», note Equinet.
Les autres constructeurs ayant relevé leurs perspectives n’ont guère été plus offensifs. Daimler a beau avoir porté fin octobre de 6 à 7 milliards d’euros son objectif de résultat opérationnel, il reste en deçà des 7,4 milliard espérés par les spécialistes. Le sentiment a lui aussi été mitigé lors de la dernière publication de PSA. Le groupe de Philippe Varin prévoit un opérationnel supérieur à 1,5 milliard et non plus voisin de ce chiffre. Le consensus est proche avec 1,66 milliard mais des observateurs se sont demandé lors de cette annonce pourquoi PSA demeurait aussi prudent.
En fait, chacun semble vouloir se prémunir contre un dernier trimestre qui s’annonce incertain.. VW a déjà prévenu que la croissance solide vue sur neuf mois «ne continuerait pas au même rythme au quatrième trimestre». Cela se ressent aussi dans les chiffres de l’équipementier Continental. Sa prévision relevée d’un chiffre d’affaires annuel de 25 milliards avec 9% de marge opérationnelle anticipe un dernier trimestre avec 5,85 milliards d’euros de revenus et 7,7% de marge, contre une marge de 9,4% sur neuf mois.
Ce tour d’horizon permet aussi de dégager une tendance dans le secteur. L’an passé, avec des performances opérationnelles en berne mais des flux de trésorerie soutenus par les réductions de BFR, les objectifs portaient avant tout sur les cash-flows. Cette année, rares sont ceux qui s’aventurent sur ce terrain avec précision. Renault l’a fait en prévoyant 700 millions de cash-flow sans toutefois convaincre, le marché ayant relevé l’absence de surprise et la prévision induite pour le second semestre d’une destruction de cash de 700 millions.
Il serait toutefois réducteur de ne parler que de déception. En octobre, Fiat a vu son titre flamber en portant de 1,2 à plus de 2 milliards d’euros (soit au-delà du consensus d’alors) son objectif de résultat d’exploitation. Mais dans son cas, Credit Suisse note que c’est 2011 qui soulève des questions car avec un consensus à 2,4 milliards, Fiat n’aura «pas droit à l’erreur».
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