Le second semestre s’annonce plus que jamais crucial pour Alstom
Patrick Kron, le président d’Alstom, avait eu la prudence il y a plusieurs mois de prévenir que le premier semestre de l’exercice 2011-2012 porterait encore les stigmates de la crise de 2009. Les marques sont encore plus profondes qu’attendu. Le trou d’air subi par le carnet de commandes se fait aujourd’hui lourdement sentir sur les comptes: un chiffre d’affaires en repli de 10% à 9,39 milliards d’euros; un résultat opérationnel en chute de 18% à 627 millions d’euros; et enfin une consommation de cash de 914 millions d’euros, à peine inférieure à celle du premier semestre de l’exercice 2010-2011 (923 millions). Un point particulièrement sensible alors que le consensus d’analystes espérait une amélioration.
Logiquement, la «faiblesse du chiffre d’affaires et donc une diminution des paiements liés à l’avancement des contrats» a pesé sur le cash-flow, explique le fabricant de turbines et de trains. Sans compter que «le développement de la division transport dans certains pays, notamment en Inde et en Russie, a entraîné un accroissement temporaire du besoin en fonds de roulement». Ce qui n’était pas prévisible en revanche, ce sont les «paiements exceptionnels de 280 millions d’euros liés à deux litiges avec des clients, dans le transport en Bulgarie et dans l’énergie en Hongrie».
Conséquence mécanique de cette consommation effrénée de cash, la dette nette d’Alstom a plus que doublé au premier semestre pour monter à 2,75 milliards d’euros contre 1,28 milliard au 31 mars 2011 et 1,47 milliard au 30 septembre 2010. Le groupe affiche en face des fonds propres stables à 4,1 milliards. Et il rappelle qu’il ne fera face à aucune échéance importante avant septembre 2014, avec une sortie programmée de 750 millions d’euros.
Tout repose néanmoins sur la réalisation d’un bon second semestre. Patrick Kron a réaffirmé hier soir sa confiance dans la capacité du groupe à faire remonter sa marge opérationnelle entre 7 et 8% pour l’ensemble de l’exercice contre 6,7% au premier semestre. Et prévoit toujours un cash-flow libre positif. Le président d’Alstom mise pour cela sur la transformation en chiffre d’affaires des prises de commandes qui ont progressé de 45% en un an à 10,2 milliards d’euros, grâce au dynamisme de l’activité dans les pays émergents qui assurent les deux tiers des prises de contrats. Au 30 septembre, le carnet de commandes du groupe s’établissait à 47 milliards d’euros, soit 29 mois de ventes.
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