Le SBF 120 a fait voter en AG de très larges autorisations financières

Les marges de manœuvre financières obtenues sont trois plus élevées qu’en 2012. Les assemblées 2013 ont été particulièrement calmes malgré la crise
Bruno de Roulhac
Le SBF 120 a fait voter en AG de très larges autorisations financières - Photo : Fotolia
Le SBF 120 a fait voter en AG de très larges autorisations financières - Photo : Fotolia  - 

En dépit de la crise et des velléités, avortées, du gouvernement de légiférer en matière de rémunération des dirigeants et plus largement de gouvernance des entreprises, la saison 2013 des assemblées générales a été particulièrement calme.

«La bonne tenue des marchés financiers [le CAC 40 prend 23% depuis un an] et la politique généreuse de distribution des dividendes y contribuent certainement pour une large part», estime Capitalcom dans son bilan annuel des assemblées générales, tout en relevant cette année la richesse du dialogue entre les groupes et leurs actionnaires, grâce à des interventions plus adaptées. Les sociétés ont notamment mis en avant leurs avantages concurrentiels et leur politique d’innovation.

«Le financement est redevenu un sujet majeur, constate Bénédicte Hautefort, associée chez Havas Paris. A l’automne 2013, les actionnaires qui ont soutenu les entreprises ce printemps suivront-ils les augmentations de capital qu’ils ont autorisées?». En effet, les sociétés du SBF 120 ont obtenu des marges de manœuvre financières trois fois plus élevées qu’en 2012: 95 milliards d’euros pour le CAC 40 (31 milliards en 2012) et 20 milliards pour le Next 80 (6 milliards en 2012). Une réponse au resserrement du crédit bancaire et à la volonté des entreprises de se donner le maximum de marges de manœuvre. «Cette année, les entreprises qui demandent le plus sont celles qui affichent les meilleures performances, alors que les années précédentes les entreprises en difficulté étaient les plus demandeuses», relève Havas.

Si la participation se maintenait autour de 70% aux AG du SBF 120, les actionnaires individuels sont moins présents (-16% sur le CAC 40 et -6% sur le Next 80), note Havas. «Désormais, les entreprises du Next 80 ont rejoint les standards de gouvernance du CAC 40, mais le dividende demeure une pierre d’achoppement», constate Bénédicte Hautefort. Encore 21% du Next 80 ne versent pas de dividende (6% dans le CAC 40), et seuls 13% du Next 80 proposent un dividende en actions (26% du CAC 40).

Signe du relatif calme des AG, seules 7 résolutions ont été rejetées (9 en 2013) sur les 60 sociétés suivies par Capitalcom, essentiellement des résolutions non agréées par le conseil. Et seules 13 résolutions ont été adoptées à moins de 75%, principalement les attributions d’actions gratuites et de performance aux dirigeants.

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