Le «say on pay» pourrait être retraité de la détention de l’actionnaire de contrôle
Alors que la saison 2014 des assemblées générales est bien avancée, Caroline de La Marnierre, présidente de Capitalcom, vient d’en tirer les premières leçons lors d’une matinale de l’Institut français des administrateurs (IFA). Pour sa première application, le «say on pay» à la française n’a pas provoqué de remous.
Le taux d’approbation ressort à 92,6% pour les sociétés du CAC 40 ayant déjà tenu leur AG. Un score qui va de 64,3% pour Renault, à 99, 96% pour EDF. Une moyenne en ligne avec les résultats enregistrés en Europe (92,8%) et aux Etats-Unis (91,4%) en 2013. Mais la France ne connaît pas encore les 2% de rejets enregistrés outre-Atlantique. Pour cette première année, ISS et Glass Lewis ont été relativement tolérants, d’autant qu’à leurs yeux d’Américains les rémunérations en France sont modestes, explique Remy Sautter, administrateur de sociétés et ancien président de Technicolor.
Toutefois, il faut retraiter ces résultats de la détention par l’actionnaire de contrôle, explique Cédric Lavérie, responsable du gouvernement d’entreprise chez Amundi AM, constatant notamment une opposition de 18% chez LVMH, mais de 70% pour les seuls minoritaires. Remy Sautter estime aussi pertinent de retraiter ces résultats des actionnaires individuels, impressionnés par les montants versés.
Dans son rapport sur ce premier «say on pay», le haut comité de gouvernement d’entreprise de l’Afep-Medef devrait désigner bonnes et mauvaises pratiques. Cédric Lavérie remarque notamment le peu de détails donnés sur l’évolution de la rémunération d’une année sur l’autre, ou sur les sociétés composant le benchmark utilisé. En outre, les critères utilisés pour la rémunération à long terme sont jugés peu exigeants.
Cette année, Capitalcom constate aussi une forte augmentation de l’enveloppe de jetons de présence, liés à l’entrée d’administrateurs salariés, aux administrateurs référents (aux responsabilités plus lourdes), ou aux modifications des règles d’attribution (fixe et variable). Si la loi de sécurisation de l’emploi a imposé des administrateurs salariés, en réalité peu d’entreprises sont concernées.
Aussi, Cédric Lavérie pense que le législateur va corriger cela. Cet administrateur salarié doit être rémunéré comme les autres, estiment les intervenants. D’autant que c’est un bon moyen pour le faire voter dans le sens de la direction, ajoute Remy Sautter, constatant que la loi a eu l’effet inverse de celui souhaité.
Plus d'articles du même thème
-
Novartis relève ses objectifs pour faire oublier deux échecs cliniques
Le géant de l’industrie pharmaceutique a inscrit une dépréciation de 1,9 milliard de dollars dans ses comptes au troisième trimestre mais ses performances opérationnelles rassurent les investisseurs. -
IK Partners et NextStage améliorent leur offre de retrait sur Eurobio
Déjà à la tête de 90,14% du capital du spécialiste du diagnostic in vitro, les majoritaires complètent de 1,25 euro par action le prix de l'offre projetée. Celle-ci valorise le capital d'Eurobio à 267,3 millions d'euros. -
La dynamique du crédit en zone euro reste mollement positive
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises est ressortie stable en septembre malgré une baisse des flux nets mensuels, notamment sur les prêts longs supérieurs à 5 ans.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Inflation, chômage, pouvoir d'achat : le moral des Français au plus bas depuis treize ans
L’Insee a publié une enquête ce mardi et alerte du décrochage de la confiance des Français sur la situation économique de la France -
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées -
Après 100 jours au pouvoir, quel bilan pour Andy Burnham ?
Trois mois après son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a su rassembler les travaillistes et éviter de commettre des erreurs majeures. Mais il doit encore concrétiser ses ambitions