Le risque fiscal monte sur les concessionnaires autoroutiers
Le gouvernement réfléchit à relever les taxes auxquelles sont assujettis Vinci, Eiffage ou Abertis. Les autoroutes sont centrales dans le modèle de ces groupes
Publié le
Olivier Pinaud
Les concessionnaires autoroutiers pourraient être mis à contribution. Selon Les Echos, le ministère des Transports réfléchirait à augmenter les taxes auxquelles sont assujettis Vinci, Abertis et Eiffage, les trois principaux exploitants d’autoroutes en France. Contacté hier, le ministère n’était pas en mesure de commenter l’information. Les groupes concernés ne souhaitaient pas s’exprimer sur le sujet, tout comme l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa).
Ces discussions interviennent alors que les concessionnaires militent depuis plusieurs mois pour un allongement de la durée de leurs contrats d’exploitation, seule façon selon eux de continuer à financer le développement du réseau autoroutier français sans avoir à trop fortement augmenter les tarifs. Mais la semaine dernière, le ministre des Transports a démenti une «possible prolongation de la durée des concessions et une prétendue prise en charge des dépenses d’entretien et de réparation de certaines sections d’autoroutes gérées jusqu’alors par l’Etat».
Les concessionnaires sont soumis à deux types de prélèvements destinés à financer l’Agence de financement des infrastructures de transport (Afit), privée des dividendes des autoroutes depuis leur privatisation. D’une part, la taxe sur l’aménagement du territoire, déjà augmentée en 2011. Elle a rapporté 577 millions d’euros aux finances publiques en 2011, soit 7% de plus qu’en 2010.
D’autre part, les redevances domaniales, pour un montant de 193 millions d’euros en 2011 (+4%). Selon l’Asfa, les impôts et taxes représentent 31% des dépenses annuelles des groupes autoroutiers.
Si l’augmentation des taxes était confirmée, sans contrepartie, «ce serait une mauvaise nouvelle pour les concessionnaires autoroutiers», reconnaissent les analystes d’Aurel BGC. En apportant des résultats récurrents, les autoroutes occupent une place centrale dans le modèle de Vinci ou d’Eiffage. Vinci Autoroute génère 11% du chiffre d’affaires du groupe mais 58% de son résultat opérationnel. Chez Eiffage, le poids d’APRR est encore plus lourd.
Une augmentation des taxes tomberait au mauvais moment, alors que le trafic autoroutier fléchit sous l’effet du ralentissement économique couplé à la hausse des prix des carburants. Au premier semestre, la fréquentation des autoroutes de Vinci a baissé de 1,9%. Une tendance qui devrait se confirmer au second semestre, selon la direction de Vinci.
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