Le risque d’impayé est perçu comme l’un des principaux freins à l’export

Les entreprises françaises sont fortement exposées à la faiblesse des marchés d’Europe du Sud, montre le dernier baromètre d’Euler Hermes
Yves-Marc Le Reour

Le risque d’impayé représente de nouveau l’un des principaux freins aux exportations, selon le troisième baromètre export d’Euler Hermes qui a interrogé entre mai et octobre 938 entreprises sur l’ensemble du territoire français.

Alors que cette préoccupation figurait déjà en tête de liste de la première édition de l’enquête en 2008, elle avait été reléguée en deuxième position derrière les problèmes de taux de change dans l’édition 2010. Actuellement, la moitié des entreprises sondées par l’assureur-crédit «craint l’incapacité de ses clients à honorer leurs engagements».

Cet enjeu est d’autant plus important que «30% des entreprises françaises exportent vers l’Italie ou vers l’Espagne», deux pays où le taux de sinistralité des entreprises devrait connaître une nouvelle hausse en 2013, commente Ludovic Subran, chef économiste du groupe Euler Hermes. Une entreprise sur deux juge également que les coûts directs à l’export (transport, logistique, droits de douane) sont trop élevés ou que les informations disponibles sont insuffisantes «en matière réglementaire ou concernant la solvabilité des clients potentiels».

L’instabilité de l’environnement politique et l’absence de personnel qualifié sont citées comme facteurs dissuasifs par un tiers des entreprises de l’échantillon.

Si une proportion grandissante (20% cette année contre 5% en 2008 et 14% en 2010) considère le manque d’aides publiques comme un frein à l’export, ces aides restent paradoxalement méconnues et peu utilisées. Ainsi, 47% des sociétés sondées n’ont jamais eu recours au guichet unique à l’export et 47% d’entre elles n’en ont même jamais entendu parler.

Une autre tendance inquiétante est l’évolution du poids des PME réalisant un chiffre d’affaires annuel à l’export compris entre 4 et 100 millions d’euros : cette catégorie ne représente plus que 61% des entreprises exportatrices contre 75% en 2010.

Le recul du nombre de «primo-exportateurs» depuis dix ans et leur incapacité à s’imposer dans la durée constituent par ailleurs le signe d’un tarissement de la relève. Il en résulte une concentration accrue des exportations françaises «sur un nombre restreint de gros opérateurs historiques dont la pérennité est loin d’être assurée», comme le prouvent les difficultés du secteur automobile.

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