Le revers sur l’iniparib coûtera à Sanofi-Aventis au moins 2 euros par action
Déjà confronté à l’arrivée progressive de génériques sur plusieurs de ses médicaments vedettes (Lovenox, Taxotère, Plavix) et à une récente mise sous surveillance européenne du Multaq utilisé en cardiologie, Sanofi-Aventis a subi en fin de semaine dernière un revers inattendu dans le traitement expérimental de l’une des formes du cancer du sein par l’iniparib (BSI-201), molécule développée par l’américain BiPar Sciences racheté en 2009.
L’étude de phase III, portant sur 519 personnes aux Etats-Unis, a conclu que ce candidat-médicament ne permettait pas de prolonger l’espérance de vie «chez des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique triple négatif» par rapport à une simple chimiothérapie, alors que de précédents tests en phase II avaient fait état d’une espérance de vie prolongée de cinq mois. Le sixième laboratoire pharmaceutique mondial a souligné que la survie globale et la survie sans progression étaient cependant en amélioration «chez les patientes recevant une deuxième ou une troisième série de soins».
Même si ces résultats feront l’objet d’une discussion avec les autorités de la santé aux Etats-Unis et en Europe, cette annonce constitue «une mauvaise nouvelle alors que le dossier d’enregistrement doit être déposé au premier trimestre 2011 aux Etats-Unis et au deuxième trimestre en Europe», jugent les analystes d’Oddo Securities. Ceux-ci relèvent d’ailleurs qu’AstraZeneca a également abandonné jeudi dernier le développement d’une molécule dans la même classe de produit pour cette pathologie. L’oncologie fait en outre partie des six domaines thérapeutiques majeurs de Sanofi-Aventis.
Dans cette indication spécifique du cancer de sein qui concerne environ 14.000 femmes outre-Atlantique et 17.000 femmes en Europe, les estimations de ventes maximum de l’iniparib étaient de 750 millions d’euros pour les analystes de Citigroup et d’un milliard pour Oddo Securities, ce qui correspond à un impact négatif sur sa valorisation compris entre 2 et 3 euros par action. Mais le courtier français souligne qu’il est impossible de dire à ce stade «si ces résultats négatifs remettent en cause l’efficacité du produit dans les traitements du cancer de l’ovaire, du poumon et d’autres tumeurs solides» pour lesquels il est également développé. L’action a terminé en repli de 3,82% à 49,21 euros vendredi sur le marché parisien.
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