Le report de la prise de contrôle de Man ne devrait pas pénaliser Volkswagen
Volkswagen (VW) doit temporairement revoir ses plans. A la suite des remarques de la Commission européenne, le constructeur automobile a indiqué hier avoir retiré sa proposition de nommer trois de ses dirigeants comme membres du conseil de surveillance du fabricant de poids lourds Man qu’il contrôle à 31%. Il s’agissait du président du directoire de VW Martin Winterkorn, de son directeur financier Hans Dieter Pötsch et du responsable de la division de véhicules commerciaux Jochem Heizmann.
Ce rebondissement fait suite à l’offre volontairement basse de 13,8 milliards d’euros lancée le mois dernier par VW sur Man, dans l’espoir de monter à environ 35% du capital pour quelque 1,5 milliard d’euros. VW souhaite obtenir de Bruxelles le feu vert à une coopération plus étroite entre Man et le suédois Scania qu’il contrôle à 49%, sans avoir à racheter la totalité du capital de Man.
«On ne peut pas exercer un contrôle avant une décision de la Commission», a déclaré une porte-parole du commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia. Afin de favoriser une conclusion «rapide et souple» de la procédure d’examen initiée par Bruxelles à la suite de ce plan d’intégration, VW a donc «tenu compte» des remarques qui lui ont été formulées. Il estime également être en mesure de soumettre «dans les prochaines semaines» à la Commission sa demande formelle de prise de contrôle de Man.
«Cela montre que VW ne souhaite pas interrompre le processus légal», commente Marc-Rene Tonn, analyste chez MM Warburg. Celui-ci ajoute que les problèmes de nomination «reviendront sur la table ultérieurement» mais que ce contretemps ne devrait pas avoir d’impact sur les économies de coûts recherchées par VW. Le cabinet SdK, chargé de défendre les droits des actionnaires minoritaires, avait récemment critiqué l’existence d’un «conflit d’intérêts», personnifié par Ferdinand Piech à la fois président du conseil de surveillance de Man et de VW.
Man, qui a jugé début juin «trop faible» l’offre de VW qui expire demain, exprime de son côté un avis toujours positif sur sa «logique industrielle». «Le fait de coopérer avec des acteurs importants comme Scania et Volkswagen ouvre un monde d’opportunités nouvelles», a ainsi déclaré hier lors de l’assemblée générale du groupe Georg Pachta-Reyhofen, directeur général de Man.
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