Le repli du cours des matières premières pèse sur les groupes de certification
Le réveil est particulièrement rude pour le secteur de l’inspection et de la certification. Après avoir connu de nombreuses années fastes grâce à une forte hausse des investissements dans l’énergie et les matières premières à l’échelle mondiale, les spécialistes européens SGS, Intertek, Bureau Veritas et Exova sont désormais confrontés aux budgets révisés en forte baisse des géants pétroliers et miniers. Or cette clientèle représente «entre 20% et 30% du chiffre d’affaires des entreprises de certification», montre une récente étude de Goldman Sachs.
Total et BP ont par exemple annoncé qu’ils allaient réduire de respectivement 10% et 20% leurs investissements industriels cette année, Shell prévoyant de son côté une diminution de 15 milliards de dollars sur trois ans. Par effet de contagion, le recul des prix des hydrocarbures entraîne une baisse du nombre de contrats d’inspection pour les activités d’exploration et de forage, mais aussi une moindre demande pour la vérification des containers et des navires de transport. En aval, un impact négatif est perceptible dans le contrôle de la conformité des processus de raffinage et des services de maintenance.
Les analystes de Goldman Sachs anticipent d’ici à fin 2018 «une diminution cumulée de 22% des investissements des 35 plus importantes compagnies pétrolières mondiales et une baisse de 24% pour les investissements des 10 plus grands groupes miniers». A cela s’ajoutent des économies de coûts renforcées, tout aussi préjudiciables à l’activité des entreprises d’inspection. Le français Bureau Veritas ainsi que les britanniques Intertek et Exova devraient donc enregistrer cette année une contraction organique de leur chiffre d’affaires, alors que le suisse SGS afficherait encore une légère croissance. Le secteur connaîtrait ensuite une modeste reprise l’an prochain, avant de rebondir plus nettement en 2017 (cf. graphique).
La remontée du dollar par rapport la monnaie unique devrait globalement constituer un facteur de soutien puisque plus des deux tiers de l’activité de ces groupes est réalisée en dehors de la zone euro. A contrario SGS pourrait pâtir de la récente vigueur de la monnaie helvétique. En retenant un prix moyen du pétrole à 70 dollars le baril, les analystes de Goldman Sachs estiment que la progression annuelle moyenne de son bénéfice par action devrait atteindre 4,2% d’ici à 2018, contre une hausse de 3,6% pour Intertek, 5,6% pour Exova et 7,8% pour Bureau Veritas.
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