Le renouveau de Toyota reste menacé par le fardeau du yen fort

Le groupe s’est finalement lancé dans le périlleux exercice des prévisions annuelles, misant sur une division par deux du résultat opérationnel
Benoît Menou

Le mois dernier, à l’occasion de la publication de résultats trimestriels jugés décevants, Toyota avait renoncé à formuler des prévisions pour l’exercice complet à fin mars. Le constructeur automobile avait indiqué avoir besoin de davantage de temps pour prendre en compte l’impact des catastrophiques inondations en Thaïlande. Vendredi, Toyota a finalement renoué avec ce délicat exercice des prévisions annuelles.

Si les performances financières ne sont pas brillantes, l’annonce pourrait tout de même susciter le soulagement des analystes. Toyota veut en effet convaincre que sa visibilité s’améliore progressivement. Et que les résultats, en premier lieu la production, pourraient se redresser plus rapidement que prévu. Le concurrent Honda, qui a également mis ses prévisions entre parenthèses, a promis de les préciser à nouveau, fin janvier seulement. Toyota mise sur un repli de 3% de cette production sur l’exercice, à 7,38 millions d’unités. Au Japon (28% du total), elle pourrait même progresser (de 3%), tandis que sur le reste de l’Asie (18%) elle chuterait de 9%. De quoi abandonner le rang de numéro un mondial à General Motors, voire la deuxième position au profit de Volkswagen.

Quant aux résultats financiers, les nouvelles prévisions se comparent à celles publiées au mois d’août dernier. Le groupe nippon ne table plus sur une stabilité de son chiffre d’affaires, mais sur une baisse de 4% à 18.200 milliards de yens (175 milliards d’euros). Surtout, la prévision de résultat d’exploitation a été amputée de 56% à 200 milliards de yens. Sur l’exercice 2010-2011, cet indicateur avait atteint 468,2 milliards.

Mais le revers en termes de rentabilité opérationnelle n’est pas à mettre uniquement, loin s’en faut, sur le compte des inondations en Thaïlande, dont l’impact est estimé à 120 milliards de yens. En parallèle à des efforts sur coûts totalisant 60 milliards, Toyota s’attend en effet à devoir subir un effet négatif des variations de taux de change à hauteur de quelque 190 milliards.

Par rapport au mois d’août, le constructeur japonais a il est vrai revu son estimation de taux moyen sur l’exercice face au dollar (de 80 à 78 yens) et à l’euro (de 116 à 109 yens). Cette vigueur du yen a de quoi, selon le directeur financier de Toyota, Satoshi Ozawa, menacer jusqu’aux fondations d’une économie nippone tournée vers les exportations.

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