Le relèvement de l’offre sur le Club Med ne convainc que le conseil
Surprise ! Alors même que l’expert indépendant – Accuracy – vient de juger équitable le prix de 17 euros par action et de 19,23 euros par Oceane offert par Gaillon (réunissant Axa PE, le fonds chinois Fosun, et le management) dans le cadre du projet d’OPA sur le Club Méditerranée, l’initiateur a décidé de relever à la marge (3%) son offre à 17,5 euros par action et à 19,79 euros par Oceane.
Un geste qui a permis d’emporter l’approbation de l’offre à l’unanimité par le conseil du Club, et surtout de trois de ses actionnaires, la Caisse de dépôt et de gestion du Maroc (CDG) qui détient 7,1% du capital, Rolaco (5,6%) et Benetton (2,2%) qui ont décidé d’apporter leurs titres.
Ces engagements et ceux des initiateurs représentent désormais 34,23% du capital. Le titre s’est ajusté hier à 17,46 euros (+0,81%). Si Kepler Cheuvreux recommande d’apporter à l’offre tout en la jugeant peu généreuse, « nous n’avons pas plus de raison d’apporter à l’offre après ce relèvement, qui n’est d’ailleurs curieusement pas justifié par l’initiateur, confie Romain Burnand, codirigeant de Moneta Asset Management, actionnaire à hauteur de 3% du Club Med. «Je ne comprends pas pourquoi CDG et Rolaco acceptent d’apporter leurs titre à 17,5 euros, alors qu’ils semblaient ne pas se satisfaire de 17 euros, d’autant que leur prix de revient est bien supérieur, ajoute Colette Neuville, présidente de l’Adam. J’invite les actionnaires à ne pas apporter leurs titres, mais à accompagner la transformation du groupe, et à sortir avec Axa PE dans cinq ans ». En effet les accords entre l’initiateur et les membres du concert prévoient la possibilité d’une entrée en Bourse de Gaillon dans quatre ans, et un an après l’un des investisseurs financiers pourra initier une cession à 100% de Gaillon, assortie d’un droit de première offre pour l’autre investisseur financier. Le changement de contrôle à son profit impliquera qu’il mette alors en œuvre une seconde offre publique.
«Nous croyons à la transformation du groupe et avons la conviction que le titre pourrait valoir au moins deux fois son niveau actuel en cas de succès de la stratégie actuelle, soit environ 40 euros, ajoute Romain Burnand. Ceux qui nous proposent de racheter nos actions sont d’ailleurs très confiants car ils se proposent d’en financer une bonne partie par de la dette, et visiblement des banques sont prêtes à leur prêter. Tous les signaux sont au vert !»
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