Le ratio d’équité sur les rémunérations pourrait bientôt être obligatoire en France
Encore une pierre dans le jardin de l’Afep-Medef. Profitant de la discussion de la loi Pacte en commission spéciale à l’Assemblée nationale, des députés LREM ont déposé un amendement sur les écarts de rémunération dans les grandes sociétés. Une promesse de campagne du candidat Macron. Le texte veut imposer aux entreprises de plus de 5.000 salariés dans le monde ou de plus de 1.000 en France de publier la rémunération du premier et du troisième quartile, les rémunérations médiane et moyenne, les ratios entre la médiane et la plus haute d’une part, et la plus basse d’autre part. Et l’évolution des écarts de salaires devra être justifiée chaque année. «Je suis favorable à l’obligation, pour les entreprises, de publier les écarts entre les niveaux de rémunération. Il faut de la transparence, a twitté le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Ce qui tue la cohésion dans notre nation comme dans l’entreprise, ce sont les excès.» Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée, a lui déclaré sur RTL que «ça n’a aucun intérêt [pour l’économie française]».
La France ne ferait que suivre un mouvement vers une plus grande transparence déjà en marche dans le monde. Aux Etats-Unis, c’est désormais une obligation pour les sociétés cotées. Au sein du S&P 500, l’écart en 2017 était de 361 fois entre la paye du salarié moyen et celle du dirigeant, contre 347 en 2016, selon l’AFL-CIO. Au Royaume-Uni, une loi impose à partir de l’an prochain de publier un ratio entre rémunération du dirigeant et celle des salariés par quartiles. Selon une étudedu CIPD et du High Pay Centre, la rémunération moyenne des dirigeants du FTSE 100 en 2017 représentait 145 fois le salaire moyen de leurs salariés, contre 128 fois en 2016. En revanche, la directive européenne «droit des actionnaires» n’a pas retenu le ratio d’équité.
En France, l’Erafp (Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique) estime depuis longtemps que la rémunération globale «maximum socialement tolérable» correspond à 100 fois le Smic. Sur les 39 sociétés françaises suivies par l’Erafp seules deux respectaient ce seuil en 2017. Il propose aussi pour les grandes entreprises cotées un ratio entre salaire médian et salaire du dirigeant qui ne dépasse pas un rapport de 1 à 50. Plus souple, Proxinvest a depuis 2005 un seuil à 240 Smic, et milite depuis 2015 pour un ratio d’équité.
Plus d'articles du même thème
-
Heineken opte pour une direction hors-les-murs pour tonifier ses ventes
Le brasseur nomme Rafael Oliveira, en tant que nouveau PDG. Avec le choix de ce profil externe, issu du secteur du café, le néerlandais espère trouver la bonne recette de sa relance commerciale. -
Bernie Sanders veut taxer les géants de l'IA pour créer un fonds souverain de 7.000 milliards de dollars
Le sénateur indépendant du Vermont a déposé un texte de loi instaurant une taxe ponctuelle de 50 % en actions sur les grandes entreprises d'intelligence artificielle. Il deviendrait potentiellement le plus grand fonds souverain au monde. L'idée promeut un partage de la richesse alors que les éditeurs eux-mêmes anticipent des destructions d'emplois à cause de leur technologie. -
Michael O’Leary restera aux commandes de Ryanair jusqu’en 2032
Directeur général de la compagnie à bas coûts depuis 1994, l’homme d’affaires irlandais voit son mandat prorogé de quatre ans, avec un bonus potentiel d’environ 150 millions d’euros.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés