Le rapprochement Safran-Zodiac pourrait refaire surface à moyen terme
En renonçant officiellement à lancer une OPA hostile sur Zodiac, Safran a provoqué le rebond de son titre. La Bourse avait même anticipé cette annonce, avec un gain de plus de 10% de l’action sur les deux dernières séances, touchant vendredi en cours de journée un plus haut de près de dix ans! A contrario, la capitalisation de Zodiac s’est dégonflée vendredi de 6,05%, mais a plus que doublé en un an, comme celle de Safran.
Cette annonce «devrait permettre de remettre en valeur les seuls fondamentaux [de Safran]: un taux de croissance annuel moyen de l’Ebita sur la période 2009-13 de 19,8%, tiré par la reprise des activités d’après-vente et l’amélioration du taux de couverture devises dès 2011, un newsflow favorable avec la finalisation des discussions tarifaires sur les nacelles de l’A380, l’intégration des récentes acquisitions, et une valorisation attractive avec une décote moyenne de 13% par rapport aux pairs», note Oddo.
D’ailleurs, «une OPA aurait probablement entraîné le groupe dans une guerre d’usure à l’issue incertaine, mais au coût financier bien certain», explique CM-CIC. Avec le recul, le bureau d’analyse constate qu’avec les récentes déclarations «assez maladroites» de son PDG, Jean Paul Herteman, Safran «voit s’éloigner la possibilité d’un rapprochement. En revanche, Zodiac gagne du temps pour préparer sa défense et éventuellement une recomposition de son actionnariat».
Pour autant, Safran ne semble pas renoncer définitivement à Zodiac, convaincu «du bien-fondé industriel et des complémentarités technologiques de portée stratégique» d’un tel rapprochement. D’ailleurs, «nous pensons que cette histoire n’est pas terminée», relève Deutsche Bank. Et «rien n’empêche Safran de revenir sur le titre dans les prochains mois sachant que la thématique de l’avion électrique ne disparaîtra pas et que les projets de lancement de nouveaux programmes devraient progressivement se préciser», ajoute Oddo. Règlementairement, Safran doit seulement s’abstenir de toute offre pendant six mois, «sauf à justifier de modifications importantes», notamment si une offre amicale voit le jour.
Dans la foulée Ingenico a rebondi de 1,20% avec la disparition des spéculations autour de la cession de la part de 22,5% de Safran dans le groupe de solutions de paiement. Une option qui aurait pu être envisagée par Safran pour financer l’acquisition de Zodiac.
Plus d'articles du même thème
-
Les élections de mi-mandat freinent l’exubérance politique de Donald Trump
En raflant le Congrès, l’opposition démocrate devrait limiter fortement les pouvoirs du locataire de la Maison-Blanche, contraindre l’exécutif à composer avec un Parlement désormais hostile, et peut-être obliger certains républicains à reconverger vers le centre. -
La montée en compétences face à l’IA est insuffisante en entreprise
70% des cadres financiers français français craignent que l’absence de préparation de leurs collaborateurs à l’intelligence artificielle risque de compromettre la pertinence de leur organisation d’ici cinq ans, selon une enquête OneStream. -
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
7 raisons pour (re)découvrir les Andes Colombiennes via Medellin et la Région du café
Dix ans après les accords de paix, la Colombie revit de plus belle ! Un pays d’une diversité de paysages incroyable à découvrir à partir de Medellin, puis via la route du café à travers la cordillère centrale. Émerveillement, douceur de vivre, nostalgie et dépaysement garantis. -
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent