Le rapport sur PSA critique la stratégie financière de la famille Peugeot
Le gouvernement a fini par accepter l’«inacceptable». Après avoir énergiquement contesté au début de l’été le projet de fermeture de l’usine Peugeot d’Aulnay-sous-Bois, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a reconnu hier, à la lecture du rapport commandé à Emmanuel Sartorius, «la nécessité, dans son principe, d’un plan de réorganisation des activités industrielles et de mesures de redressement». Celui-ci «devra être strictement proportionné à la situation réelle du groupe pour limiter les conséquences négatives sur l’emploi», prévient toutefois Arnaud Montebourg.
Le rapport n’apporte aucune piste sur la mise en œuvre du plan. Mais il pointe clairement du doigt les erreurs stratégiques de la direction du constructeur automobile et de son principal actionnaire, la famille Peugeot. Il s’étonne ainsi de la décision de fermer Aulnay plutôt que l’usine de Madrid «qui souffre pourtant de nombreux défauts». Emmanuel Sartorius regrette que «PSA n’ait pas préalablement mené, sur l’avenir de ses sites industriels, une réflexion d’ensemble qui laisserait aujourd’hui davantage d’options pour faire face à sa situation actuelle de surcapacité». Le rapport attend que «le dialogue social apporte des précisions sur ces points».
Le rapport critique aussi, à mots feutrés, la stratégie financière de la famille Peugeot, détentrice d’un quart du capital. Alors que ses concurrents Volkswagen ou Renault s’internationalisaient au début des années 2000, de 1999 à 2011 «PSA a distribué des dividendes pour un montant total de 2,8 milliards d’euros, tout en menant simultanément un programme de rachat d’actions pour 3 milliards d’euros, ce qui a permis aux actionnaires historiques de remonter au capital du groupe». «A la lumière de la situation actuelle de PSA, ces données témoignent d’un manque d’anticipation», note dans un bel euphémisme le rapport.
Selon les données de S&P Capital IQ, compilées par L’Agefi, entre 2000 et 2011, les seuls dividendes versés par PSA ont représenté un quart de ses bénéfices cumulés, soit 10 points de plus que chez Volkswagen. Dans le même temps, le groupe allemand consacrait 6,7% de son chiffre d’affaires aux investissements, 2,7 points de plus que PSA.
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