Le rapport «Energies 2050» prône le maintien du nucléaire mais ne règle pas la question du coût
Garder le nucléaire. C’est ce que préconise le rapport «Energies 2050», confié à l’universitaire Jacques Percebois et à l’ancien patron de l’Agence international de l’énergie (AIE) Claude Mandil, et remis hier au ministre de l’Industrie, Eric Besson. Les auteurs jugent comme «trajectoire optimale» pour la France la prolongation de la durée de vie des centrales existantes aussi longtemps que l’autorité de sûreté nucléaire le permettra.
Le rapport se refuse à fixer un objectif de part du nucléaire à quelque horizon que ce soit, mais encourage à poursuivre le développement de la génération 4.
Alors que les quatre scénarios étudiés tablent sur une hausse durable des coûts énergétiques (voir tableau), la question du financement de ces activités «extrêmement» capitalistiques est primordiale, et impose de recourir en priorité aux solutions les moins coûteuses, estime le rapport. Bercy souligne ainsi l’hypothèse du statu quo avec renforcement de la sûreté et de la maintenance comme le scénario présentant le plus d’atouts: indépendance énergétique, absence d’émission de CO2 et compétitivité prix.
De fait, une réduction de 75% à 50% en 2030 de notre électricité d’origine nucléaire entrainerait une hausse de 75% du prix de l’électricité et de moitié des émissions de gaz à effet de serre du parc électrique. La sortie complète du nucléaire provoquerait un doublement du prix de l’électricité et une multiplication par cinq des émissions de CO2.
Toutefois, l’accélération du passage à la 3e génération est la voie privilégiée par le gouvernement. Elle nécessite à la fois de construire au moins deux EPR par an de 2020 à 2030 – rythme difficilement atteignable en 2020 selon le rapport – , et de satisfaire 10 à 12 milliards d’euros d’investissement annuel pendant dix ans.
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