Le ralentissement de la demande pousse Holcim à des dépréciations d’actifs
Holcim n’a pas bénéficié de sa diversification géographique pour compenser la baisse de son activité en Europe au quatrième trimestre. Le deuxième groupe cimentier mondial vient d’annoncer des dépréciations d’actifs d’un montant global de 775 millions de francs suisses (640 millions d’euros) sur la période, dont plus de la moitié est lié à la restructuration financière de son ex-filiale en Afrique du Sud.
Le cimentier suisse détient sur ce marché une participation minoritaire de 2% dans le groupe Afrisam, premier groupe de matériaux de construction du pays, désormais contrôlé par un groupe d’investisseurs dans le cadre du programme d’accession de la communauté noire au pouvoir économique («Black Economic Empowerment»). Cette entité avait émis en 2009 des obligations souscrites à hauteur de 292 millions de francs suisses par Holcim. Celui-ci a décidé de déprécier de 415 millions de francs cet investissement qui comprend le montant nominal des obligations émises, les intérêts afférents et les effets des variations monétaires.
Le ralentissement prononcé de la demande pour les matériaux de construction en Europe entraîne par ailleurs une dépréciation supplémentaire de 328 millions de francs sur certains actifs corporels et incorporels, tandis que la fermeture définitive des sites de Catskill et Artesia aux Etats-Unis donne lieu à une provision de 32 millions de francs. «Depuis 2008, la consommation de ciment s’est réduite de 65% en Espagne et de 30% dans certaines parties d’Europe de l’Est alors que les Etats-Unis ont essuyé une chute de 45%», explique Holcim qui table sur des capacités de production durablement sous-utilisées.
«Les montants annoncés correspondent à 80% du bénéfice net attendu», commente Martin Hüsler, analyste à la Banque Cantonale de Zurich. Ceci devrait se traduire par une marge nette publiée inférieure à 0,9% contre un consensus à 4,7% jusqu’ici. Holcim précise néanmoins que ces dépréciations d’actifs, qui n’impliquent aucune sortie de cash, n’affecteront pas sa politique de distribution de dividende au titre de 2011. Bien que les analystes de DZ Bank considèrent que les problèmes d’Holcim ne doivent pas être extrapolés à l’ensemble du secteur, l’action de son concurrent Lafarge a cédé 2,5% à 28,4 euros contre un repli de 1,6% à 51 francs suisses pour le titre du cimentier suisse.
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