Le rachat de Warner revalorise de plus de 30% la filiale musique de Vivendi
Dans sa quête de revalorisation, Vivendi a reçu ce week-end un soutien inattendu. La reprise de la maison de disques Warner par la société de l’homme d’affaires russe Len Blavatnik pour un prix de 3,3 milliards de dollars, au-dessus des attentes, constitue en effet une bonne nouvelle à double titre pour le groupe de communication, numéro un mondial de la musique avec Universal. Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, rappelle ainsi que, dans le passé, «la plupart des fusions (Sony-BMG, Emi-Virgin) se sont accompagnées de restructurations d’activité au détriment de la production artistique et donc de la croissance de l’activité». Une restructuration de Warner pourrait donc «libérer de la part de marché pour Universal», poursuit l’analyste.
D’un point de vue patrimonial, le rachat de Warner constitue aussi un bon point pour Vivendi. L’opération fait ressortir des multiples de 1,2 fois les ventes estimées de Warner pour 2001 et de 9,9 fois l’excédent brut d’exploitation. «Comparé aux termes du rachat de Emi par Terra Firma (1,85 fois le chiffre d’affaires et 11,1 fois l’ebitda), le rachat de Warner montre que les multiples de l’industrie n’ont pas autant diminué que le marché le pensait (-11% pour le multiple d’ebitda)», indiquent les analystes de Cheuvreux.
Ainsi, en appliquant ces multiples à Universal, la valorisation de la filiale musique de Vivendi augmente considérablement. Toujours selon Cheuvreux, elle s’établit ainsi entre 5,1 et 5,4 milliards d’euros, contre 3,75 milliards auparavant. Soit un impact théorique de 1,7 euro par action Vivendi.
La théorie ne s’est pourtant pas traduite dans les faits. Prise dans la baisse du marché, l’action Vivendi a perdu 1,46% à 18,910 euros. Et les multiples de Warner intègrent une prise de contrôle, indiquent les analystes. Or, Universal n’est pas à vendre. Ensuite, malgré les motivations de Len Blavatnik, le secteur de la musique reste en difficulté. Warner est tout juste à l’équilibre. Enfin, avant de commencer à revaloriser Vivendi, les investisseurs attendent surtout des bonnes nouvelles de SFR, le premier contributeur aux résultats du groupe, en perte de vitesse depuis quelques trimestres. Selon Barclays Capital, l’opérateur en télécoms représente à lui seul 44,6% de la valeur d’actifs de Vivendi, contre seulement 7,6% pour Universal. Le groupe publie ses résultats trimestriels jeudi soir.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions de dettes subordonnées bancaires européennes pourraient diminuer en 2027
L’offre d’obligations subordonnées perpétuelles Additional Tier 1 (AT1) nette des remboursements devrait baisser d’environ deux tiers par rapport à cette année, selon les stratégistes de Barclays. -
Les banques devront développer des alternatives aux SMS pour authentifier leurs clients expatriés
La place financière veut rendre plus effectif le droit au compte des Français résidant à l'étranger et simplifier leurs démarches bancaires à distance -
BNP Paribas met sa banque d’investissement en ordre de marche pour 2030
Le groupe bancaire modifie l’organisation de certains pans de sa BFI en amont du plan stratégique qu’il présentera début février. L’Europe, la couverture clients et les développements dans les infrastructures digitales ainsi que la souveraineté sont au cœur des priorités de la banque d’investissement de BNP Paribas.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Levée de boucliers« Omnibus Pesticides » : pourquoi ce texte européen fait polémique
Le vote des eurodéputés sur cette réforme du régime d'autorisations des pesticides a été repoussé d’un mois, après de multiples alertes des scientifiques et médecins -
Nuit américaineMidterms aux Etats-Unis : à quelle heure connaîtra-t-on les résultats ?
Les premiers bureaux de vote ferment à minuit, heure de Paris, mais c’est au petit matin que la tendance devrait se dessiner. Si la course est serrée, le verdict pourrait même se faire attendre plusieurs jours -
Cash machine« 10 milliards, ni plus, ni moins » : d'où vient ce montant brandi par les syndicats étudiants ?
Les syndicats étudiants ont fixé le prix de leurs revendications à 10 milliards d'euros et fustigent les « miettes » du gouvernement. Mais entre slogans militants, réalités budgétaires et données ministérielles, que valent réellement ces chiffres ?