Le rachat de Warner revalorise de plus de 30% la filiale musique de Vivendi

En appliquant les mêmes multiples, Universal vaudrait plus de 5 milliards d’euros. Mais le marché attend surtout des bonnes nouvelles de SFR
Olivier Pinaud

Dans sa quête de revalorisation, Vivendi a reçu ce week-end un soutien inattendu. La reprise de la maison de disques Warner par la société de l’homme d’affaires russe Len Blavatnik pour un prix de 3,3 milliards de dollars, au-dessus des attentes, constitue en effet une bonne nouvelle à double titre pour le groupe de communication, numéro un mondial de la musique avec Universal. Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, rappelle ainsi que, dans le passé, «la plupart des fusions (Sony-BMG, Emi-Virgin) se sont accompagnées de restructurations d’activité au détriment de la production artistique et donc de la croissance de l’activité». Une restructuration de Warner pourrait donc «libérer de la part de marché pour Universal», poursuit l’analyste.

D’un point de vue patrimonial, le rachat de Warner constitue aussi un bon point pour Vivendi. L’opération fait ressortir des multiples de 1,2 fois les ventes estimées de Warner pour 2001 et de 9,9 fois l’excédent brut d’exploitation. «Comparé aux termes du rachat de Emi par Terra Firma (1,85 fois le chiffre d’affaires et 11,1 fois l’ebitda), le rachat de Warner montre que les multiples de l’industrie n’ont pas autant diminué que le marché le pensait (-11% pour le multiple d’ebitda)», indiquent les analystes de Cheuvreux.

Ainsi, en appliquant ces multiples à Universal, la valorisation de la filiale musique de Vivendi augmente considérablement. Toujours selon Cheuvreux, elle s’établit ainsi entre 5,1 et 5,4 milliards d’euros, contre 3,75 milliards auparavant. Soit un impact théorique de 1,7 euro par action Vivendi.

La théorie ne s’est pourtant pas traduite dans les faits. Prise dans la baisse du marché, l’action Vivendi a perdu 1,46% à 18,910 euros. Et les multiples de Warner intègrent une prise de contrôle, indiquent les analystes. Or, Universal n’est pas à vendre. Ensuite, malgré les motivations de Len Blavatnik, le secteur de la musique reste en difficulté. Warner est tout juste à l’équilibre. Enfin, avant de commencer à revaloriser Vivendi, les investisseurs attendent surtout des bonnes nouvelles de SFR, le premier contributeur aux résultats du groupe, en perte de vitesse depuis quelques trimestres. Selon Barclays Capital, l’opérateur en télécoms représente à lui seul 44,6% de la valeur d’actifs de Vivendi, contre seulement 7,6% pour Universal. Le groupe publie ses résultats trimestriels jeudi soir.

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