Le rachat de Taminco par Lanxess serait bien accueilli par les analystes

Le chimiste allemand s’apprêterait à racheter son concurrent belge pour une valeur d’entreprise d’un milliard d’euros
Bruno de Roulhac

Lanxess se préparerait à une opération majeure, peu après le rachat des activités élastomères du néerlandais DSM pour 310 millions. Selon diverses rumeurs de presse, le chimiste allemand, qui serait conseillé par Bank of America et par Goldman Sachs, est entré en discussion avec CVC Capital Partners pour racheter son concurrent belge Taminco pour une valeur d’entreprise de 1 milliard d’euros. Soit un ratio de 1,4 fois les ventes et 6,3 fois l’Ebitda 2010. CVC avait acquis Taminco en 2007 pour environ 800 millions d’euros.Pour l’heure, les parties prenantes se sont refusées à tout commentaire.

Le groupe belge, qui se présente comme le numéro un mondial des alkylamines, produits utilisés aussi bien dans les insecticides que dans la peinture ou les cosmétiques, a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 715 millions d’euros (+22%) pour une marge d’Ebitda de 22% (contre 13% pour Lanxess), et un ratio dette nette sur Ebitda de 3,2 fin 2010. Taminco avait tenté d’entrer à la Bourse de Bruxelles début 2010, avant d’y renoncer en raison des conditions de marché.

Pour les analystes, cette opération ferait sens. «Taminco et Lanxess partagent des activités qui vont bien ensemble», souligne un analyste de DZ Bank, rappelant que les antécédents du groupe en termes d’acquisitions sont jusqu’ici excellents. Si l’opération se réalise, «nous ne serions pas surpris que Lanxess soit capable de cibler à la fois des économies de coûts et des synergies de revenus», note JPMorgan Cazenove.

De son côté, Lanxess s’est fixé un objectif d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 1,4 milliard d’euros en 2015, contre environ 800 millions en 2010, grâce notamment à des opérations de croissance externe, a rappelé le mois dernier son directeur général, Axel Heitmann. Fin 2010, le groupe affichait une dette nette de 913 millions fin 2010. Après acquisition, le ratio dette nette sur Ebitda passerait de 1 fin 2010, à 2,1 selon J.P.Morgan Cazenove.

Sur la base d’une valeur d’entreprise de 1 milliard, et «d’un financement entièrement en cash à 6%, nous estimons l’acquisition de Taminco relutive d’environ 8% sur les résultats, avant synergies sur une base proforma 2011, poursuit JPMorgan Cazenove. Le retour sur investissement serait de 7,5% après impôts et avant synergies la première année».

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