Le profil de risque financier d’Areva s’est légèrement amélioré
En campagne pour obtenir en juin un troisième mandat consécutif, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d’Areva, ne pouvait espérer meilleur soutien. Alors que fin 2010 une deuxième augmentation de capital paraissait nécessaire en plus des 900 millions d’euros apportés par le fonds souverain du Koweit et l’Etat français, de plus en plus d’analystes estiment que le groupe de nucléaire pourrait ne pas en avoir besoin. «Le spectre de la dégradation d’un cran de la notation BBB+ d’Areva s’éloigne», estiment les analystes crédit de Natixis, après un contact avec l’entreprise et avec S&P. Selon eux, «la performance 2010 et la trajectoire 2011 et 2012 présentée par le management sont meilleures que les éléments pris en compte par S&P dans son scénario de crédit».
D’une part, à fin 2010, la dette nette ajustée d’Areva est revenue à 4,8 milliards d’euros selon les critères de S&P, en dessous de son estimation de 5,5 milliards. D’autre part, la direction du groupe a indiqué que le cash flow libre positif espéré pour 2012 permettra de compenser la dégradation de trésorerie encore attendue cette année. Dans son analyse, S&P tablait sur un cash flow négatif cumulé de 2 milliards d’euros d’ici à 2012.
Selon Areva, l’amélioration de la trésorerie proviendra de la montée en puissance de l’activité dans les éoliennes offshore. Le groupe compte multiplier par 6 son chiffre d’affaires entre 2010 et 2012, pour atteindre 1 milliard d’euros, avec un bénéfice d’exploitation de 100 millions, contre une perte de 123 millions en 2010. Les analystes doutent encore de la concrétisation de cet «énorme rebond», comme l’écrit Oddo. Mais l’annonce vendredi d’un contrat de 850 millions d’euros avec l’allemand Windreich pour la fourniture de 80 turbines tend à le crédibiliser.
Enfin, profitant de la hausse du cours de l’uranium, la division minière pourrait générer une bonne surprise au niveau des résultats, indique Cheuvreux. La direction d’Areva se montre d’ailleurs très confiante concernant cette activité et assure que sa valorisation (estimée à 5,8 milliards par Oddo) est bien supérieure à la valeur comptable. Selon Anne Lauvergeon, la création d’un pôle minier comme voulu par le Conseil de politique nucléaire ne présente donc aucun caractère d’urgence. De toute façon, «le dossier est gelé en attendant la reconduction ou la désignation du successeur d’Anne Lauvergeon», se résigne une source proche d’Areva.
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