Le profil de crédit d’Edison évolue sur une pente ascendante

L’arbitrage favorable sur le contrat gazier avec le Qatar, couplé avec la prise de contrôle par EDF, ouvre la voie à un relèvement de la note de l’italien
Olivier Pinaud

Les éléments en faveur d’un relèvement de la note de crédit d’Edison se mettent progressivement en place. Après la réussite de l’offre d’EDF sur le capital du groupe italien, désormais détenu à un peu plus de 99% par le français, Edison a obtenu gain de cause dans le litige qui l’opposait au producteur de gaz du Qatar, Rasgas. L’impact positif de cet arbitrage, 450 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation en 2012, était déjà intégré dans ses objectifs financiers et donc dans ceux d’EDF.

Toutefois, la résolution de ce conflit sur les contrats d’approvisionnement en gaz lève un important facteur d’incertitude pour le groupe italien. Le contrat avec Rasgas est en effet significatif: il représente à lui seul environ 43% des volumes de gaz vendus par Edison en Italie.

En juin dernier, Moody’s estimait que «la pression sur la note d’Edison augmenterait si la renégociation des contrats d’achat de gaz prenait plus de temps qu’attendu ou aboutissait à une solution peu satisfaisante», rappellent les analystes crédit d’Aurel ETC Pollack. Selon eux, à la lecture de l’arbitrage, l’agence de notation pourrait ainsi remonter la perspective de sa note Baa3 à stable d’ici la fin de 2012. Les analystes de CreditSights s’attendent pour leur part à un prochain relèvement de la note d’Edison.

S&P avait indiqué en mai dernier que l’intégration du distributeur de gaz italien chez EDF ouvrirait la voie à une remontée au niveau de la note de la maison mère, soit A+ contre BB+ pour Edison. Aurel ETC Pollack juge toutefois irréaliste un mouvement d’une telle ampleur, alors que l’Italie elle-même est notée BBB+ par S&P et que la récession dans le pays entraîne une baisse de la consommation énergétique.

Sans compter que l’intégration d’Edison dans EDF reste essentiellement comptable: leurs marchés demeurent locaux et il est peu probable, selon Aurel, qu’EDF vienne garantir la dette de sa filiale alors que le mouvement actuel est à une renationalisation des financements. Enfin, Enel, le premier groupe d’énergie italien, est noté BBB+ par S&P.

Un relèvement, même d’un cran, constituerait toutefois une bonne nouvelle pour Edison, dont la dette brute s’élève à 3,8 milliards d’euros, soit 6,5 fois son Ebitda. Composée à 47% d’obligations, elle comporte une échéance de 900 millions d’euros en juillet 2014.

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