Le premier minoritaire de Baccarat demande le départ du président

En plus de ses actions en justice, l’investisseur Allan Green, à la tête d’un peu plus de 5% du capital, a déposé deux résolutions à l’AG du 26 juin
Olivier Pinaud

La lutte se poursuit entre actionnaires de Baccarat. Allan Green, premier minoritaire de la célèbre cristallerie, va demander lors de l’assemblée générale du 26 juin le non-renouvellement du mandat d’administrateur de Barry Sternlicht, l’actuel président du conseil de Baccarat. Allan Green fustige «son manque d’assiduité et d’implication dans l’exercice de ses fonctions caractérisé par une absence de participation aux assemblées de la société depuis de nombreuses années ou de présence physique aux travaux des conseils». L’an dernier, le conseil d’administration de Baccarat, qui compte neuf membres, s’est réuni quatre fois avec un taux de présence allant de 55% à 88%.

Allan Green proposera également lors de l’AG la nomination de Guillaume Cerutti, PDG de Sotheby’s France, en qualité d’administrateur indépendant. Sollicitée, la direction de Baccarat n’a pas répondu aux questions de L’Agefi.

Avec un peu plus de 5% du capital, soit environ la moitié du flottant de Baccarat, Allan Green n’a aucune chance d’aboutir face au bloc majoritaire composé du Groupe du Louvre et du fonds américain Catterton. Selon le dernier avis de l’Autorité des marchés financiers, ils détiennent de concert 88,4% du capital de Baccarat et sont liés par un pacte d’actionnaires. Mais cette contestation officielle en AG vise à cristalliser un peu plus l’opposition de l’actionnaire minoritaire, née de l’augmentation de capital de Baccarat en 2012.

Après un processus d’enchères mené par Rothschild, Baccarat avait levé 27,5 millions d’euros mi-2012 via une augmentation de capital réservée à Catterton. La suppression des droits préférentiels de souscription avait empêché les actionnaires minoritaires, dont Allan Green, d’y participer. L’investisseur a contesté en novembre 2012 auprès du tribunal de commerce de Nancy les conditions de cette augmentation de capital, estimant que le Groupe du Louvre n’aurait pas dû participer au vote. Une seconde assignation, portant sur deux conventions réglementées, a également été déposée en mars 2013, toujours devant le tribunal de commerce. Les premières plaidoiries devraient se tenir en septembre.

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