Le portefeuille industriel des caisses espagnoles dépasse 21 milliards d’euros
L’annonce surprise du gouvernement espagnol, lundi soir, de relever l’exigence minimum du niveau de fonds propres durs des banques jusqu'à au moins 8%, voire 9 à 10% pour les caisses, a fait chauffer les calculettes des dirigeants des établissements les moins capitalisés. Comment relever le défi d’ici à septembre, sous peine d'être partiellement nationalisé ? La question se pose pour une petite dizaine de banques et caisses. L’une des voies envisagées passe par la vente de participations industrielles (listées ici). Le portefeuille des seules caisses s'élève à quelque 21,5 milliards d’euros.
CatalunyaCaixa (6,3% de ratio de fonds propres) a ouvert la danse la semaine dernière en cédant sa participation au capital de Repsol (1,63%) pour 450 millions d’euros. Le nouveau géant, Banco Financiero y de Ahorros, formé par l’union de Caja Madrid, Bancaja et cinq autres caisses devrait afficher un ratio de core capital d’environ 7% pour 2010 et devra donc lever rapidement entre 2 et 3 milliards d’euros, selon les analystes. L’occasion de se défaire d’une partie de ses actifs ?
Caja Madrid possède 10,3% du capital d’International Airlines Group, né de la fusion entre Iberia et British Airways, ainsi que 15% de l’assureur Mapfre, 20% du spécialiste des technologies de l’information Indra et près de 28% de la compagnie immobilière Realia. En tout, un portefeuille de quelque 2,7 milliards d’euros. Soit un peu moins que sa partenaire, Bancaja, qui détient notamment près de 6% du groupe pétrolier Iberdrola et 5% d’Enagas dans un portefeuille coté à 2,9 milliards d’euros.
Avec un ratio de fonds propres durs d'à peine 6,8%, la banque Sabadell pourrait aussi avoir à se défaire de ses quelques participations. Elle possède notamment 11% du groupe immobilier Metrovacesa. Bankinter a elle affirmé mardi qu’elle comptait sur «1,1 milliard de plus-values potentielles», notamment dans ses filiales spécialisées dans l’assurance.
Les plus gros portefeuilles, et surtout les moins exposés à l’immobilier, reviennent cependant aux caisses les plus solides qui seront du même coup moins tentées de s’en défaire. Avec 35,7% du capital de Gas Natural, 5% de Telefonica ou encore 12% du pétrolier Repsol, les participations de La Caixa étaient estimées à 16,5 milliards en juin 2010. La basque BBK détient, elle, 7,2% du capital d’Iberdrola (2,4 milliards d’euros).
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