Le poids des Etats-Unis freine la reprise de l’industrie de la défense
Si la commande de 36 avions Rafale «prêts à voler» annoncée vendredi par l’Inde constitue une bonne nouvelle pour Dassault Aviation, Safran et Thales, elle s’inscrit dans un contexte mondial encore difficile pour les entreprises de défense. Ceci est surtout dû au poids des Etats-Unis qui représentaient 39% d’un marché global de 1.731 milliards de dollars (1.588 milliards d’euros) en 2013, montre une récente étude du cabinet Deloitte.
Or le plus gros acheteur mondial est engagé depuis 2013 dans un programme décennal de réduction de son budget militaire. Celui-ci a été fixé à 585 milliards de dollars pour l’année fiscale en cours, en baisse de 30 milliards de dollars par rapport à 2014.
Bien que l’Inde, la Corée du Sud, le Japon, la Chine ou la Russie aient continué à investir fortement dans la défense, cela n’a pas suffi à stabiliser l’activité des plus grandes entreprises américaines et européennes du secteur depuis cinq ans (cf. graphique). Malgré une forte exposition à leur marché domestique, les groupes américains ont su anticiper les coupes budgétaires en réduisant leur masse salariale et leurs frais généraux, tout en accélérant le déploiement des processus de conception et de fabrication assistées par ordinateur.
Les deux principaux leviers sur lesquels peuvent s’appuyer les groupes de défense pour stimuler la reprise de l’activité sont les services de maintenance et les besoins grandissants en matière de cybersécurité. Dans certains pays tels que le Royaume-Uni, «le secteur a su développer un modèle économique alternatif pour aider à financer les besoins, grâce à deux innovations clés comprenant les initiatives de financement public-privé et le développement d’une approche fondée sur l’obligation de résultats», relève Deloitte. Cette approche permet aux gouvernements de ne plus avoir à maintenir et opérer directement des plates-formes d’armement.
Les investissements dans les technologies de renseignement, de surveillance et de reconnaissance constituent une autre source de croissance. Alors que les enjeux de cybersécurité sont bien intégrés par les grands acteurs en Europe, la fragmentation encore importante des sous-traitants dans la région constitue un désavantage par rapport aux Etats-Unis. Une meilleure prise en compte de ces risques par toute la filière «permettrait de valoriser ces gisements de croissance tout en protégeant mieux les actifs d’un secteur crucial pour la compétitivité de l’Europe», conclut l'étude.
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