Le plan de PSA doit avoir l’aval de l’Etat pour rassurer le marché
Le marché reste sous le choc des annonces de PSA. L’action a perdu vendredi 7,65% à 6,48 euros avec 5% du capital négocié, touchant en séance un plus bas de 23 ans, perdant près de 80% de sa capitalisation boursière en un an. Le constructeur n’est plus valorisé que 2,3 milliards d’euros, et pourrait quitter le CAC 40.
L’échéance de 2014 sera-t-elle suffisante, s’interroge Barclays, après avoir réduit son objectif de cours de 40% à 5 euros. Le constructeur s’est fixé un objectif de retour à l’équilibre de cash-flow opérationnel en 2014. «Nous croyons qu’une réduction de capacité à grand échelle est nécessaire pour la survie de toute l’industrie automobile européenne», poursuit Barclays. Plus confiant, Natixis maintient une cible de 11 euros, jugeant que le plan annoncé jeudi «devrait lui permettre de redresser les équilibres de sa division automobile à l’horizon 2014».
Pour sa part, Moody’s vient de placer sous surveillance négative la note «Ba1» de PSA, déjà en catégorie spéculative. S&P et Fitch conservent la note équivalente «BB+».
Alors que Philippe Varin, président du directoire de PSA, demande une baisse du coût du travail, le Premier ministre a botté en touche. De son côté le ministre du Redressement productif estime que le plan social - 8.000 suppressions de postes en France - n’est pas suffisamment justifié et renvoie la balle à la famille Peugeot, qui détient 25,4% du capital et 38,1% des droits de vote. « Le plan en l'état n’est pas acceptable, il doit être renégocié», a averti François Hollande à l’occasion de son interview télévisée du 14 juillet.
«Cela laisse les actionnaires dans une position très vulnérable et il est de plus en plus probable que [le constructeur] ait besoin d’une sorte de soutien du gouvernement. Le risque est certainement du côté des actionnaires», prévient Credit Suisse. «Le marché sanctionne le sentiment que la direction n’arrive pas à défendre sa stratégie vis-vis de l’Etat», commente un gérant. Le patron de PSA plaide également pour le maintien du crédit impôt recherche. Un point majeur pour l’avenir, d’autant que le constructeur annoncera un ajustement de ses investissements à la fin du mois.
Reste à savoir ce que proposera l’Etat le 25 juillet pour soutenir le secteur automobile. Une mesure possible « pourrait être l’octroi d’une garantie étatique sur les nouvelles émissions de filiales bancaires de Banque PSA et RCI Banque, en contrepartie d’une commission, anticipe Tullett Prebon. Un soutien de l’Etat pourrait ainsi soutenir le financement des ventes de PSA et de Renault».
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