Le PDG de L’Oréal peine à s’expliquer sur l’éventuel rachat de la participation de Nestlé
Rétropédalage ou aveu déguisé? Le PDG de L’Oréal, Jean-Paul Agon, a tenté de démentir vendredi tout projet de rachat de la participation de 29,30% de Nestlé au capital du groupe de cosmétiques. «Je n’ai pas du tout dit que nous serions prêts ou désireux [de reprendre cette participation], a-t-il précisé vendredi matin lors de la conférence de presse sur les résultats semestriels de L’Oréal. Je ne répondrai à rien qui corresponde à ce que j’appelle de la ‘business fiction’ puisque le problème ne se pose pas.»
Pourtant, Jean-Paul Agon avait déclaré la veille aux Echos avoir «les ressources permettant d’envisager toutes les opportunités. Pour nous aussi, toutes les options sont sur la table». Une réponse au président non-exécutif de Nestlé, Peter Brabeck, qui déclarait en début de semaine que «toutes les options sont ouvertes», y compris le statu quo.
De fait, le groupe de cosmétiques, non endetté, affiche une trésorerie nette de 572 millions d’euros fin juin 2013, et a dégagé l’an dernier 1,1 milliard de cash flow net. Sans compter sa participation de 8,91% dans Sanofi, valorisée 8,7 milliards d’euros actuellement. Un bon début pour reprendre les 29,30% de Nestlé, qui pèsent pour le moment 22,6 milliards d’euros.
Seule certitude, le pacte d’actionnaires qui lie Nestlé et la famille Bettencourt et aux termes duquel les deux actionnaires disposent d’un droit de préemption réciproque sur leurs titres L’Oréal, expirera fin avril 2014. Et ce droit de préemption «ne sera pas prolongé, c’est tout à fait clair», a déjà précisé Peter Brabeck. Reste à savoir ce que dira Nestlé sur sa stratégie dans les prochains mois. Le groupe suisse, qui a du revoir à la baisse ses prévisions de croissance de ses ventes 2013 au début du mois en raison de la faiblesse de la consommation en Europe, pourrait profiter de la vente de ses titres L’Oréal pour croître sur des marchés porteurs. Il semble aujourd’hui peu probable qu’il tente de racheter le groupe français, d’autant que la famille Bettencourt s’est fendue d’un communiqué pour réitérer son attachement à L’Oréal et sa volonté de conserver sa participation.
En attendant, les spéculations vont bon train et le cours de L’Oréal a gagné encore 3,15% à 126,25 euros vendredi, au lendemain de la publication d’un résultat d’exploitation record. Depuis le début de l’année, le titre a pris 20,35%.
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