Le PDG de General Electric se montre ouvert sur les contours de l’intégration d’Alstom

Auditionné par les députés, Jeff Immelt a plaidé pour l’intérêt de son projet. Les discussions se poursuivent sur le nucléaire et les transports
Olivier Pinaud

Madame, monsieur, bonsoir, je suis Jeff Immelt.» Auditionné hier soir par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le PDG de General Electric ne s’est pas aventuré plus loin dans la langue française. Mais le dirigeant du premier groupe industriel mondial s’est livré devant les députés à un plaidoyer appuyé sur les atouts de «l’alliance avec Alstom, de l’alliance avec la France», se gardant bien de prononcer le mot de rachat.

«Alstom ne disparaîtra pas; Alstom ne sera pas absorbé par GE mais donnera naissance à un leader mondial basé en France», a lancé le PDG qui doit rencontrer François Hollande aujourd’hui. Il s’est engagé à chiffrer précisément les créations d’emplois que pourrait engendrer le rapprochement.

Jeff Immelt a insisté sur la complémentarité des deux groupes dans le domaine de l’énergie: d’un côté les turbines à gaz pour GE, produites à Belfort, de l’autre les turbines à vapeur issues des usines d’Alstom à Belfort. Ces turbines à vapeur, utilisées dans les centrales nucléaires, constituent le «premier intérêt de ce projet», a insisté Jeff Immelt. Le PDG a assuré que GE «reste ouvert à l’intérêt d’une alliance économique de l’Etat français» dans le domaine du nucléaire, sans préciser la forme que pourraient prendre ces «mesures de protection de ces actifs clés».

Dans les transports, Jeff Immelt a affirmé «étudier la manière d’intégrer la signalisation, la valeur ajoutée du transport ferroviaire, dans le cadre de ce projet». Les discussions avec Alstom et le gouvernement français portent sur une prise de contrôle par Alstom des activités de signalisation de GE, a assuré le PDG de GE. Des collaborations sont également envisagées dans l’activité de locomotive de fret.

L’avenir de la branche transports d’Alstom constitue l’un des points critiques du dossier. «En matière de transport ferroviaire, il faut sauver Alstom Transport», avait lancé quelques minutes auparavant, devant les mêmes députés, Christophe de Maistre, président de la branche française de Siemens. Selon le groupe allemand, seul son projet d’apport de l’ensemble de sa branche de transport permettrait d’assurer l’avenir d’Asltom dans ce domaine en créant un groupe d’envergure mondial.

Siemens, qui n’a toujours pas déposé son offre, envisage de la présenter au plus tard le 16 juin.

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