Le Panel Crédit revoit à la baisse ses perspectives de performance
Jusqu’où s’arrêtera la classe d’actifs crédit ? Avec des performances de 2,6% sur 2013 pour l’investment grade en euros et de 8,4% pour le haut rendement, sur lesquelles peu de gérants auraient parié en début d’année, les gérants crédit ont fait leur année. Raison pour laquelle les membres du Panel Crédit, tout en restant globalement surexposés, ont revu à la baisse leurs perspectives sur l’évolution des spreads pour un mois de décembre traditionnellement moins actif.
Une majorité de gérants (13 contre 9) adoptent désormais une perspective neutre, alors qu’ils étaient encore positifs le mois dernier. Trois d’entre eux sont ainsi revenus à la neutralité sur le mois écoulé: Deutsche AWM, qui reste cependant à surpondérer sur le crédit, et La Française AM et M&G Investments, qui ont réduit en outre leur exposition. Aucun membre du Panel n’a relevé son exposition ou sa perspective sur les spreads.
En termes de part de cash dans les portefeuilles, les pratiques sont plus divergentes. CPR AM a signé le mouvement le plus remarquable à la baisse en divisant par deux ses liquidités, à 5% du portefeuille. Schroders et Swiss Life AM, tout en laissant leurs perspectives inchangées, se distinguent à la hausse: le premier a porté sa part de cash de 1,13% à 3,66% en un mois, le second l’a carrément augmentée de 6 points à 7%.
Au-delà du mois de décembre, l’heure est aux interrogations sur le potentiel de performance de la classe d’actifs l’an prochain après un nouveau millésime fructueux. La Réserve fédérale américaine devrait commencer début 2014 à diminuer ses rachats d’actifs, événement qui risque d’entraîner une hausse des rendements si l’on en juge par la réaction du marché entre mai et septembre à la perspective d’un «tapering» de la Fed. Un nouveau rebondissement dans la crise de la zone euro – par essence difficile à prévoir – provoquerait quant à lui un élargissement des spreads.
Les stratégistes de la Société Générale mettent en avant les changements structurels du marché du crédit. «Nous allons devoir apprendre à vivre avec de bas rendements obligataires corporates, un écrasement des spreads, une offre inégale sur le marché primaire avec beaucoup de demande, et une faible liquidité sur le marché secondaire», écrivent Suki Mann et Juan Esteban Valencia dans leurs perspectives 2014 publiées le 29 novembre.
Ce dernier point est particulièrement important. Les régulations découragent les courtiers de détenir de gros stocks de dette corporate pour assurer la liquidité du marché secondaire, incitant les investisseurs à conserver les papiers achetés sur le primaire. «Si l’on assistait à une sortie générale d’une classe d’actifs corporate qui atteint désormais 1.600 milliards d’euros, l’effet sur les prix serait extrême», en déduisent les stratégistes de SG CIB. Mais à moins d’une crise systémique majeure en 2014 qui provoquerait un tel mouvement, ils parient plutôt sur une réplique de 2013: compression des spreads entre high yield et investment grade, dette financière et corporate, émetteurs périphériques et du cœur de la zone euro.
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