Le pacte d’actionnaires de Telecom Italia risque de voler en éclats

Des partenaires financiers de Telefonica au sein de la holding de tête Telco souhaiteraient céder leurs parts dès le mois prochain
Benoît Menou

Avec 22,4% du capital, Telco contrôle de fait Telecom Italia depuis 2007. La holding est détenue par quatre partenaires solidaires d’un pacte, qui arrive à échéance en février prochain, mais plusieurs membres seraient prêts à mettre un terme à l’aventure en cédant tout prochainement leurs parts.

Aux côtés de Telefonica, qui détient 66% de Telco, trois vénérables institutions financières italiennes, à savoir l’assureur Generali, à 19,3%, et les banques Intesa Sanpaolo et Mediobanca, pour 7,3% chacune. Les associés contrôlent dès lors par l’intermédiaire de Telco respectivement 14,8%, 4,3% et deux fois 1,6% du champion transalpin des télécoms, dont la capitalisation approche les 15 milliards d’euros.

Or, l’accord entre actionnaires de référence permet une sortie le mois prochain. «Je pense que nous mettrons à profit (cette opportunité)», a lancé vendredi lors d’une conférence à Milan le président de Generali, Gabriele Galateri di Genola, interrogé sur la fenêtre de tir offerte au groupe en juin pour solder son engagement auprès de Telecom Italia. Bloomberg avançait alors de source proche que Mediobanca avait la même intention, la banque ayant déjà fait part d’un tel projet sans en préciser le calendrier. Quant à Intesa Sanpaolo, son directeur général Carlo Messina a assuré vendredi qu’il était «bien difficile de dire» quand il pourrait se délester de son investissement, indiquant que le sujet était «sensible en termes de prix». Le dirigeant a tout de même confirmé son souhait de vente d’ici à 2017 dans le cadre de la cession de participations non stratégiques.

Tout associé peut céder ses intérêts à qui bon lui semble, à un autre membre du pacte actuel, à un investisseur tiers, voire sur le marché. Telefonica bénéficie d’une option d’achat, mais ce scénario reste improbable, étant donné le dossier au Brésil. Les opérateurs historiques espagnol et italien sont en effet en confrontation frontale dans ce pays, où le régulateur a demandé à Telefonica de réduire sa présence.

Le scénario d’un nouvel entrant pourrait passer par l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris, qui a laissé connaître son souhait d’investir jusqu’à 2 milliards de dollars au capital de Telecom Italia. A condition que Telefonica se désengage. Mais selon une source proche citée par Bloomberg, «il n’y a aucune volonté des membres de Telco d’aller à l’encontre de Telefonica».

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